Depuis une dizaine d'années, le Centre Poliade, à Ghlin accueille une communauté d'une douzaine d'anciens toxicomanes. Aujourd'hui, il se dote de trois tiny houses. Dans ces maisonnettes, les anciens résidents du centre réapprennent à vivre en autonomie.
Depuis quelques semaines, Daphné a emménagé dans l’une des trois nouvelles tiny houses, sur le site du Centre Poliade à Ghlin. Pour elle, ce petit cocon représente beaucoup, après un parcours chaotique, lié à des addictions.
« On se coupe de tout, de ses amis, de sa famille, on ne pense plus qu’à ça, à rechercher de la drogue, c’est un cercle vicieux. J’ai fait plusieurs fois des hôpitaux pour arrêter, mais ça a été un échec mais là, je pense que je suis bien repartie pour réussir » explique Daphné.
Car c’est là l’objectif de ces nouveaux habitats.
« L’ambition c’est de proposer un temps thérapeutique complémentaire dans la foulée du séjour dans le centre résidentiel, l’idée c’est de consolider les acquis , de procéder à des ajustements et de consolider l’abstinence » indique Olivier Brown, Directeur du Centre Poliade.
Après avoir vécu en communauté dans le centre, les locataires des tiny houses, toujours encadrés par les professionnels, réapprennent donc le quotidien.
« On rattrape une estime de soi, ce que j’avais totalement perdu, une confiance en soi. Il faut pouvoir se faire confiance à pouvoir faire les choses, faire ses courses, se faire à manger, vivre seul, faire ses activités, se trouver des activités » poursuit Daphné.
C’est une des conditions pour la vie en tiny house. Il faut retisser des liens extérieurs et des points d’ancrage dans la région, endéans les 6 mois maximum passés dans l’habitat individuel. A terme, il s’agit aussi de trouver un logement. Daphné a d’ailleurs hâte d'avoir son petit studio et éventuellement un travail. En attendant, elle peut séjourner en tiny house, en apportant une contribution financière. Ce nouveau projet répond aussi à une problématique particulière.
« Il y a une pénurie de logements, accentué par la crise Covid et la crise énergétique, et une pénurie en matière de structure résidentielle adaptée pour accueillir un public qui se trouve au croisement de problématiques de santé mentale, d’addiction et de grande précarité » indique Olivier Brown.
L’achat des tiny house s’inscrit dans un projet plus global qui concerne 4 communes. Mons, Colfontaine, Frameries et Colfontaine ont travaillé main dans la main avec le relais social de Mons-Borinage pour obtenir les subsides nécessaires à la mise en place de ces structures.
Sur le même sujet
Recommandations
Un mois sans alcool : le van de la Tournée Minérale de passage à Mons
Biogas Hautrage : la visite de l’usine de biométhanisation danoise ne convainc pas les élus de l’opposition
« Aujourd’hui, la politique, c’est fini pour moi. » : Domenico Pardo quitte la politique communale à Boussu
Ateliers de Tertre : rigueur et concentration dans le contrôle des pièces médicales
La ruche montoise : le nouveau lieu pour les amateurs de littérature engagée
Colfontaine : les employés de la commune sont en grève, l'administration est fermée jusqu'à jeudi
Holcim Obourg : un accord majeur pour développer le captage de CO2 en Belgique a été signé