Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial. Malgré des réserves belges suffisantes, la spéculation fait grimper les prix. À Frameries, un livreur de mazout témoigne.
Il y a 2 mois, quand ce monsieur s'est fait livrer son mazout de chauffage, les 500 litres coutaient aux alentours de 420 euros. Cette fois-ci pour la même quantité, il a déboursé 649 euros, soit 50 % de plus. Entre temps le conflit en Iran et dans la péninsule arabique a éclaté entrainant la fermeture du détroit d'Ormuz, au large de l'Iran, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, ce qui entraine une forte spéculation sur les marchés boursiers.
Guillaume vermeylen , Chargé de Cours en Economie à l'Umons et Coprésident de Soci&ter, l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociétaux et territoriaux, explique qu'un choc pétrolier se produit lorsqu'il y a une hausse rapide et importante du prix du pétrole provoquée par un déséquilibre soudain entre l’offre et la demande. Du côté de l’offre, cela peut venir d’une baisse de la production (guerres, décisions de pays producteurs, crises géopolitiques), ce qui rend le pétrole plus rare. Du côté de la demande, une forte croissance économique mondiale peut augmenter la consommation plus vite que la production ne peut suivre et donc les prix augmentent.
Explosion des commandes mais des prix déjà hors de contrôle
Chez ce distributeur de mazout de Frameries, les premiers jours du conflit ont été marqués par une explosion des commandes mais c'était déjà trop tard car les prix du mazout au litre pour les fournisseurs sont principalement déterminés par les marchés internationaux du pétrole : ils dépendent du prix du baril (fixé selon l’offre et la demande mondiales), des coûts de raffinage, du transport, ainsi que des taxes nationales. Ces prix évoluent quotidiennement, car ils suivent de très près les fluctuations des marchés et les tensions géopolitiques. C’est pour cela qu’en période de crise, comme un conflit, il est souvent « déjà trop tard » pour commander du mazout à petit prix.
Ce genre de choc pétrolier s’est déjà produit à plusieurs reprises, notamment en 2022 avec la guerre en Ukraine ou encore lors de la crise financière de 2008. L’État belge pourrait, comme par le passé, amortir l’impact sur les consommateurs grâce à des mesures fiscales, telles qu’une baisse des accises ou une régulation du marché. Des dispositifs similaires avaient d’ailleurs été mis en place durant la période du Covid, mais ils ne sont, pour l’instant, pas à l’ordre du jour. C’est donc l’évolution du conflit qui déterminera les prix à la pompe dans les prochains jours et pour l’instant, l’incertitude reste de mise. S’il n’y a pas de risque immédiat de pénurie grâce aux réserves stratégiques des états, les prix des hydrocarbures devraient toutefois rester élevés. Dans ce contexte, les professionnels recommandent de reporter, si possible, les commandes de mazout dans les semaines à venir.
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