À Hautrage, la nouvelle mouture d'une usine de biométhanisation Biogas reste vivement contestée. L’ASBL De Nous a réuni de nombreux citoyens opposés au projet pour en analyser les limites et expliquer les recours possibles durant l’enquête publique.
La salle villageoise d’Hautrage était comble ce dimanche lors de la réunion organisée par l’ASBL De Nous, opposée au projet de biométhanisation Biogas Hautrage. Une usine destinée à traiter des déchets agricoles majoritairement en provenance de Flandre, déjà contestée lors de sa première mouture et aujourd’hui relancée dans une nouvelle version qui ne convainc pas davantage les habitants. De Villerot à Hautrage, jusqu’à Bernissart, les riverains disent craindre les nuisances potentielles liées à l’implantation de l’usine à proximité immédiate des habitations.
Utiliser toutes les voies de recours légal
Réunis en nombre, les riverains sont venus exprimer leurs inquiétudes et examiner, point par point, les éléments du dossier qu’ils jugent problématiques. L’ASBL De Nous a souhaité décrypter le projet et l’étude d’incidences présentée par la société CIP, à l’origine de la demande de permis, répondre aux questions des citoyens et les informer sur les voies de recours possibles dans le cadre de l’enquête publique en cours.
Comme lors de la précédente version du projet, il y a quelques années, les riverains entendent envoyer un maximum de courriers de contestation au fonctionnaire délégué, en s’appuyant sur les contre-arguments formulés lors de la réunion de ce dimanche. L’enquête publique communale s’achève le 18 février et une décision du ministre wallon François Desquesnes, en charge du dossier, est attendue pour le mois de mai.
La visite de l’usine danoise ne dissipe pas les doutes des élus
Cette possible implantation d’une usine de biométhanisation de déchets agricoles suscite de nombreuses craintes chez les riverains : nuisances olfactives, pollution des eaux et des sols, sans oublier un important trafic de camions pour transporter le digestat produit sur le site. Les habitants dénoncent également de faibles retombées économiques et ce qu’ils qualifient d’image écologique trompeuse. Soucieuse de montrer patte blanche, l’entreprise a convié des élus locaux à visiter une usine témoin à Tønder, au Danemark, présentée comme similaire à celle envisagée à Hautrage. Mais sur place, les élus auraient eux aussi constaté des nuisances olfactives, un constat qui n’a rassuré personne parmi les riverains mobilisés.
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