Une nouvelle expo, réalisée avec l’Union des femmes ukrainiennes en Belgique, est à découvrir au Mons Memorial Museum. "Kharkiv : une ville meurtrie" nous livre le témoignage de cinq Ukrainiens qui ont vécu l'invasion russe du 24 février 2022.
Ils ont la vingtaine, la cinquantaine, travaillent ou sont encore étudiants. Mais tous habitent Kharkiv et ont vécu l’invasion russe du 24 février 2022. Aujourd’hui les témoignages de ces Ukrainiens sont à découvrir au Mons Memorial Museum. Ils évoquent cette attaque de la Russie à laquelle personne ne s'attendait. Corentin Rousman, conservateur au Mons Memorial Museum :
Kharkiv est proche de la frontière russe et est majoritairement russophone. Ses habitants suivent la télévision russe. À aucun moment ils ne pouvaient imaginer que la Russie les attaquerait, qu'il y aurait des bombardements et des morts. C'est ça qui marque : la conviction que ça n'arriverait pas. Et puis ça arrive, et tout l'état d'esprit des citoyens doit changer.
Très vite, les réflexes d’entraide se mettent en place et des questions très concrètes se posent pour continuer à vivre plus ou moins normalement.
C'est ça qui est intéressant. Ce sont des choses concrètes qui arrivent au moment de l'invasion : que fait-on ? Est-ce qu'on reste ? Est-ce qu'on s'en va ? Vais-je continuer mes études ? Vais-je m'engager dans l'armée ? Vais-je devenir bénévole ? Que faire de mes économies ?
Finalement, dans tous les témoignages présents ici, les questions que ces Ukrainiens de Kharkiv se posent sont les mêmes que l'on pourrait se poser si notre ville était envahie.
C’est là tout l’intérêt de ces témoignages. Ils sont le fruit de plusieurs heures d’entretien menées par des historiens sous la coordination de Svitlana Telukha, historienne de l’université de Kharkiv. Ils datent de mai 2022, soit quelques mois à peine après l’invasion russe. Pour le Mons Memorial Museum, l’exposition s’inscrit parfaitement dans la continuité de ses collections permanentes, et permet de faire le parallèle avec ce que les Belges ont vécu durant les deux Guerres Mondiales.
En tant qu'historiens, nous utilisons ce que les historiens ukrainiens ont produit pour pouvoir le présenter ici. Je pense que c'est important de mettre la lumière sur ces civils, et de faire un parallèle avec les témoignages des civils montois lors de la bataille du 23 août 1914 et de l'occupation allemande de la 1ère Guerre Mondiale. On se rend compte que les problématiques et questions sont identiques. Ce qui nous est arrivé il y a plus d'un siècle arrive aujourd'hui aux Ukrainiens.
Quatre ans plus tard, la guerre n'est toujours pas terminée en Ukraine, mais l'exposition en propose au moins un point de vue plus humain, loin des enjeux militaires et politiques des combats.
"Kharkiv : une ville meurtrie" est à découvrir jusqu'au 17 mai au Mons Memorial Museum.
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