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"Trop, c'est trop" : les directeurs du fondamental font entendre leur voix

Publié le 21 décembre 2021 à 18:02

"Trop, c'est trop!" : C'était le message ce mardi matin des directeurs d'école maternelle et primaire. Ils étaient entre 600 à 700 à Bruxelles au pied du cabinet de la ministre de l'Education Caroline Désir. Ces directeurs sont fatigués. A cause de la charge administrative, des réformes imposées en pleine crise sanitaire et des nombreuses tâches à assumer au quotidien. Ils réclament aussi une véritable revalorisation barémique.

Longtemps restés discrets, les directeurs et directrices du fondamental en Fédération Wallonie-Bruxelles se sont fait entendre ce mardi matin. Une bonne centaine d'entre-eux avait fait le déplacement dans la capitale dont une belle délégation montoise. La crise sanitaire a transformé leur métier désormais écrasé par les charges administratives.

"L'administratif était déjà assez complexe" souligne le directeur de l'école fondamentale Saint-Ferdinand de Cuesmes, Pietro Belfiore présent sur place. "Le covid a rajouté une belle couche à cela! Le mot circulaire est un mot qui est à la mode dans notre profession pour le moment. Les circulaires s'enchaînent de semaines en semaines. Parfois nous n'avons même qu'un jour pour les lire et les analyser. Car il faut évidemment les comprendre avant de les partager avec les parents et notre équipe éducative. C'est clair que ce n'est pas toujours facile!"

 

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Pietro Belfiore (en haut à gauche) faisait partie de la délégation montoise présente à Bruxelles 

 

Des circulaires incessantes qui ajoutent des contraintes supplémentaires aux missions du directeur. Beaucoup dépassent les 50 heures de travail par semaine et s'occupent de bien d'autres choses que l'aspect pédagogique.

"Ce n'est pas neuf, mais un directeur se doit d'être multi-tâches!" explique Pietro Belfiore. "On doit passer d'ouvrier à leader pédagogique en quelques secondes. Ensuite, nous devons être homme à tout faire, homme de terrain pour gérer les infrastructures ou encore psychologue pour gérer certains conflits. Nous sommes un véritable couteau suisse mais ceci est lourd. On doit endosser plusieurs casquettes par jour et le répéter sur des mois et des années"

 

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Les tâches administratives ont grimpé en flèche depuis la crise du covid

 

Mais l'aide administrative n'est pas la seule revendication défendue par les directeurs venus de tous réseaux confondus. La redéfinition du statut de directeur et le report des échéances liées au Plan de pilotage sont également primordiaux . Autant de points évoqués ce matin lors d'une réunion avec la Ministre de l'Education, Caroline Désir. Elle a entendu les demandes et rappelle que 20 millions d'euros d'aides administratives ont déjà été débloquées dans le cadre du Plan de pilotage.

"C'est évidemment une grosse somme qui a été dépensée" indique Caroline Désir, Ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Malheureusement, cela n'a pas l'air de fonctionner et il faut comprendre pourquoi. Savoir pourquoi, sur le terrain, cela ne leur simplifie par la tâche. Je pense qu'il y a un travail qualitatif a faire là-dessus. On doit également voir comment on peut les aider davantage. Nous sommes actuellement en négociations pour le prochain plan sectoriel. Et ce point a été mis à l'ordre du jour des discussions"

 

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C. Désir : "Il faut comprendre pourquoi cette somme ne leur facilite pas la tâche sur le terrain"

 

Reste désormais à voir de quoi l'avenir sera fait. Une nouvelle réunion est prévue le 19 janvier prochain 

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