En Belgique, près de 20 000 femmes avortent chaque année. Pourtant, les plannings familiaux peinent à trouver des médecins pour pratiquer ces interventions. À Mons, le planning familial Denise Durant est confronté à une situation critique.
Une chambre, habituellement réservée aux femmes en convalescence après une IVG, reste vide. Faute de médecin, plus aucun avortement n’est pratiqué dans ce centre depuis plusieurs mois. Une réalité qui met de nombreuses femmes dans une impasse, obligées de chercher une solution ailleurs, parfois dans l’urgence.
Le cas montois n’est pas isolé. Tous les centres de planning familial du Hainaut sont confrontés à une même difficulté : recruter des médecins prêts à pratiquer l’IVG. En cause : un manque de temps, une rémunération jugée insuffisante, et un désintérêt global du corps médical, souvent lié au tabou persistant autour de l’avortement.
Même dans les hôpitaux, comme au CHU Epicura, ce malaise autour de l’IVG reste palpable. Pourtant, les mentalités évoluent, doucement mais sûrement.
Face à cette pénurie, certains centres n'ont d'autre choix que de rediriger les patientes vers les hôpitaux pratiquant l'IVG. Une solution qui, si elle permet une continuité des soins, ne répond pas toujours aux attentes des femmes, souvent plus à l’aise dans le cadre plus intime d’un planning familial.
Pour pallier ces difficultés, les plannings familiaux du Hainaut ont également mis en place un agenda partagé. Objectif : mutualiser les rendez-vous disponibles dans la région et orienter au mieux les patientes vers un centre encore opérationnel. Une coordination qui montre ses limites, mais qui permet d’éviter le renoncement à l’IVG pour celles qui en ont besoin.
À long terme, la solution passe par la formation et la sensibilisation des jeunes médecins. Le planning Denise Durant est actuellement en discussion avec l’Université de Mons (UMons) pour intervenir directement dans les auditoires, et inciter les futurs professionnels de la santé à se former à la pratique de l’avortement.
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