Abdou Diallo vient de Guinée. Le jeune homme est réfugié en Belgique depuis 2022. Son rêve : devenir conducteur de poids lourds. Mais aujourd'hui, il est menacé d'expulsion. Son école, les Aumôniers du travail à Boussu, se mobilise pour le soutenir.
Aujourd’hui, Abdou et tous les apprentis conducteurs poids lourds des Aumôniers du travail de Boussu sont en plein préparatifs. Pour le premier truck show de l’école, tout doit être parfait. Et pourtant, si les élèves sont mobilisés aujourd’hui, c’est aussi pour venir en aide à ce jeune homme de 19 ans menacé d’expulsion.
« On trouve ça dommage qu’il ne puisse pas passer ses permis parce qu’il n’a pas sa carte, sachant que c’est un élève motivé. C’est le premier de la classe ! Je suis énervé par la situation, il mérite sa place et on ne l’aide pas. C’est vraiment triste parce qu’il s’est intégré super bien. C’est dommage qu’on lui refasse refaire une sixième et qu’il n’ait toujours pas ses papiers pour passer ses permis » indique Ludovic Catherine, élève en sixième de la formation de chauffeurs poids lourds.
Car le problème c’est bien celui-là. Adbou s’est à nouveau vu refuser ses papiers, à la veille de passer son permis.
« Je suis capable ! Si je passe l’examen je vais le réussir. Oui je souhaite devenir chauffeur routier et vivre de ma passion » souligne Abdou Diallo.
Si Abdou est parti de chez lui à 15 ans, c’est pour vivre son rêve et ne pas aller à l’école coranique comme le souhaitait son père. Chaque jour, il vient de Morlanwelz en transport en commun pour poursuivre sa formation. L’école est pour lui essentielle. L’ensemble de l’établissement l’a bien compris et se mobilise donc pour lui venir en aide.
« Il y a une semaine ou deux on a su qu’il ne pouvait à nouveau pas avoir ses papiers. L’autre déléguée de classe et moi, on s’est mis en route pour faire signer une pétition aux autres classes, des lettres aussi » précise Ludovic Catherine.
« Soutenir des élèves pour tout une série de choses, ça arrive régulièrement mais une situation aussi dramatique que celle-là c’est la première fois » indique Anne-Françoise Vangansbergt, directrice de l’école.
Tous les visiteurs du truck show de ce samedi seront également sollicités pour signer la pétition, également disponible en ligne.
« Ce que l’on espère c’est que suite à la mobilisation et au recours que son avocat introduit à nouveau, c’est qu’il puisse enfin être régularisé. C’est son dernier recours. S’il n’y a pas de régularisation, il sera malheureusement obligé de quitter le territoire » souligne la directrice.
Une situation qu’Abdou n’ose pas imaginer
« Mon papa il est toujours là-bas. Il est toujours vivant, donc je ne peux pas retourner en Guinée » conclut Abdou.
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