Le procès Falzone à Mons touche à sa fin. Ce matin se tenaient les plaidoiries sur les peines.Nous avons voulu dresser un bilan de ce procès hors-normes avec les différents avocats et le responsable presse des cours et tribunaux du Hainaut.
Depuis le 4 mai, la Cour d’assises du Hainaut a pris place exceptionnellement dans les locaux du Lotto Mons Expo. Occuper un tel lieu pour un procès n’est pas ordinaire. Mais c’est évidemment le nombre de victimes et les témoignages des parties civiles qui ont marqué tous les avocats présents.
« On va tous se rappeler de ce hall des expositions et de ce cortège, pour reprendre ce terme, de victimes qui sont venues évoquer leur douleur et qui restera à vie pour beaucoup de gens » indique Franck Discepoli, avocat de Paolo Falzone.
« Nous avons assisté au cours des débats à des témoignages profondément bouleversants et pour moi, c’est le fait saillant dans le cadre de ce dossier, c’est la souffrance des victimes. C’est quelque chose qui même en tant qu’avocat ne me quittera jamais » souligne Fabrice Guttadauria, avocat d’Antoniono Falzone.
La solidarité des parties civiles a également marqué profondément les représentants de la magistrature.
« On a vécu de gros procès avec de nombreuses victimes mais dans le cadre de ce dossier, c’est vrai que l’ampleur et surtout la solidarité et la dignité des parties civiles a été quelque chose d’exceptionnel » ajoute Elena D’Agristina, avocate de parties civiles.
« C’est un procès hors normes, vu le nombre de victimes mais plus que cela , c’est la cohésion entre les victimes. Ce sont des personnes qui se connaissaient, faisaient partie du même groupe, qui sont de la même région et là on avait une véritable cohésion que l’on ne rencontre dans aucun autre procès » renchérit Franck Discepoli.
La charge émotionnelle liée à ce procès a également été ressentie dans les rangs de tous les journalistes présents aux audiences. De par sa nature, le procès Falzone a attiré les regards de la presse, même au-delà de nos frontières.
« Il a fallu accréditer avec l’aide du parquet général et de l’équipe de la cour d’assise, plus de 150 journalistes, francophones ou néerlandophones. On a eu aussi des demandes de collègues de l’Agence France Presse ou de France Télévisions Hauts-de-France » indique Christophe Blanckaert, attaché de presse et communication pour les cours et tribunaux du Hainaut.
Pour gérer toutes les demandes, un dispositif spécial a d’ailleurs été mis en place pour que tout se déroule dans les meilleures conditions.
« Il a fallu gérer les petits moments de tension avec la presse. Il peut y avoir des petits incidents , des petites chose à régler. Il faut rappeler que c’est la présidente de la Cour d’Assise qui gère sa police d’audience. C’est elle qui a tout pouvoir organiser la façon dont les médias doivent se présenter et travailler » poursuit Christophe Blanckaert.
Aujourd’hui, les jurés se sont retirés pour délibérer sur les peines encourues. Le ministère public a requis 27 ans de réclusion pour Paolo Falzone et deux ans pour le passager. Les avocats ont plaidé d'une part pour 25 ans d'incarcération pour le premier et d'autre part pour une peine probatoire autonome pour Antonino Falzone. L’arrêt sur les peines sera prononcé ce mercredi.
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