Dans notre séquence Archives, place à l'incendie de l'immeuble Les Mésanges, à Mons en février 2003. 7 personnes périront, un procès s'ensuivra presque 10 ans plus tard et des changements interviendront dans la sécurité des logements sociaux.
« Ma copine s’est réveillée, on a vu une de ces fumées ! J’ai ouvert la fenêtre qui donnait sur l’escalier de secours. Je suis allé réveiller ma famille et on est descendu. Là, on a constaté que c’était vraiment grave. Il y avait des flammes partout » explique à l’époque Carmine Spagnulo, un habitant de l’immeuble Les Mésanges.
Cette nuit de février 2003, les 177 habitants des Mésanges ne l’oublieront pas. Certains ont été pris au piège dans leur immeuble, principalement dans les étages supérieurs. Pour les autorités communales de l’époque, la date reste également gravée dans les mémoires.
« Vers minuit, 1 heur, j’ai été appelé. Je me suis rendu sur les lieux. On a tout de suite mesuré l’ampleur du drame par la réaction du public. J’ai compris qu’il y avait encore des personnes à l’étage et qui ne descendaient pas » se rappelle Elio Di Rupo, Bourgmestre de Mons à l’époque.
Le bilan tombera dans les heures qui suivent : 7 morts et 25 blessés.
« C’est là que l’on sent une tension humaine, la plus terrible. Quand on a rassemblé toutes les familles, elles voyaient qu’il manquait l’un des leurs, sans savoir s’il était blessé ou mort. Il fallait rassurer mais il n’y a pas de mots pour rassurer dans ces moments-là » poursuit Elio Di Rupo.
Et ces familles, au-delà de la peine, souligneront très vite les manquements en matière de sécurité et pointeront du doigt la société de logements sociaux Sorelobo, à l’époque.
« La sortie de secours à l’arrière, ils ont dû l’arracher au pied de biche, les pompiers . Les camions de pompiers ne savent pas passer à l’arrière ! » ! s’exclamait à l’époque cet habitant.
« Les détecteurs de fumée ne vont pas. Les portes sont en carton ! L’alarme ne va pas non plus » dénonçait cet autre habitant.
L’enquête déterminera que l’incendie est d’origine criminelle mais l’auteur ne sera jamais retrouvé. Et il faudra du temps, beaucoup de temps pour qu’un procès s’ouvre.
« Aujourd’hui on est face à quelque chose qui ne veut pas avancer et c’est regrettable » soulignait John Joos, porte-parole des victimes, lors de la commémoration de 2011.
Finalement, c’est en 2013 que l’ex-bourgmestre de Mons et président du Conseil d’administration de la Sorelobo, Maurice Lafosse ainsi que le directeur gérant Viktor Zdanov se retrouvent devant le tribunal correctionnel. Ils seront acquittés et seule, la société Sorelobo, devenue Toit et Moi entre temps, sera reconnue coupable par défaut de prévoyance et devra indemniser les victimes.
« Je ne suis pas satisfait car ils ne sont pas condamnés ! Tant qu’ils ne seront pas condamnés, je ne tournerai pas la page » dénonçait une victime lors d’u procès
« Je vais voir avec mon avocat, si nous allons aller en appel » se questionnait cette autre victime.
Il n’y aura finalement pas d’appel. La société de logements n’aura pas attendu le jugement pour tirer les leçons du drame.
« On est très vigilant à être au point techniquement en terme de détecteurs incendies, de dévidoirs.. mais on veut aller plus loin. On envoie nos équipes sur place pour avoir un contrôle visuel. On a aussi crée un collectif sécurité pour les problématiques d’incendie » indique Marie-Claude Durieux, Directrice actuelle de Toit&Moi.
Toit et Moi n’a plus dans son patrimoine que 3 immeubles hauts. Les temps ont changé, on construit autrement. Le quartier de l’Ile aux oiseaux offre d’ailleurs une toute nouvelle physionomie.
« Le symbole était désastreux. Il fallait aussi pour les personnes qui continuaient à vivre sur place changer les conditions de ce quartier. Aujourd’hui, c’est un quartier agréable, mais il y a toujours ce souvenir. Ca ne s’effacera jamais » conclut Elio Di Rupo.
Deux stèles sont là pour se recueillir et se souvenir de cette nuit dramatique de février 2003.
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