Les réformes dans l'enseignement sont décriées par beaucoup d'enseignants. Et notamment le passage à 22h en classe pour les professeurs du degré supérieur. Un changement qui a pour conséquence de réduire, parfois à néant, l'horaire de jeunes profs.
Examen de néerlandais ce matin avec des 3ème. Pour Noah, professeur de langues depuis deux ans ici, c’est peut-être la dernière session qu’il vit entre ces murs. L’an prochain, ses collègues du degré supérieur presteront 22h au lieu de 20h. L’Institut pourrait donc ne plus avoir besoin de lui.
"J'avais peut être des perspectives de pouvoir obtenir des heures ici à l'avenir, au degré supérieur. Et finalement, avec toutes les mesures, ces heures vont disparaître. Et donc mes espoirs de pouvoir rester ici, à l'Institut Saint-Ferdinand, sont un peu réduits à néant", regrette Noah Blumart, enseignant en langues
Noah pourrait en plus perdre ses heures dans le degré inférieur, par effet de cascade à la suite de la suppression de la première différentiée. Ces professeurs en charges des élèves en difficulté seront réaffectés à des heures vacantes. Et comme dans l’enseignement, l’ancienneté prime, ce jeune prof n’est pas prioritaire. Même cas de figure pour Antoine. Prof d’histoire depuis un an, il perd toutes ses heures en août prochain.
"Le problème, ce n'est pas tant d'avoir 2h de travail supplémentaires. C'est surtout qu'en fait, c'est 2h de travail sont données à tous ces profs nommés. Je prends mon exemple personnel. Il y a cinq profs d'histoire, je suis le sixième. Ils ont chacun besoin de 2h de plus, donc ils vont récupérer mes 10h qui sont la totalité de mes heures", explique Antoine, enseignant d'histoire.
Antoine fait donc partie des 3 emplois qui seront supprimés à Saint-Ferdinand. D’autres prof, eux, perdent des heures sans se retrouver à zéro. Si les réformes de la Fédération Wallonie-Bruxelles défendent, notamment, l’idée de contrer la pénurie, pour Noah, c’est une fausse piste.
"Parfois, certaines écoles, parce qu'elles n'ont pas le choix, proposent des remplacements de deux ou trois semaines pour parfois même pas à temps plein. Et donc dans ces cas là, oui, c'est difficile de trouver des enseignants. Mais je pense que n'importe quelle école qui propose un temps plein pendant plusieurs mois ou pendant toute une année scolaire ne devrait pas avoir trop de difficultés à trouver un enseignant", ajoute Noah.
Aujourd’hui, ces deux jeunes profs motivés devront reprendre leur bâton de pèlerin pour retrouver du travail. Une situation qui peut être décourageante. Ils s’interrogent sur leurs perspectives.
"Je vais devoir recommencer à zéro, avec C.-V. et lettre de motivation pour essayer de retrouver des places dans des écoles. Ce qui est un peu frustrant parce que c'est dur de se faire une place dans une école et quand on s'en fait une... et que du coup on perd tout d'un coup... C'est dommage, mais voilà, je suis assez optimiste et je vais essayer de trouver d'autres écoles qui voudront de moi", conclut Antoine
Antoine garde le sourire. Pour lui, l’une des pistes pour contourner ce problème pourrait se trouver dans le changement de statut en arrêtant les nominations. En tout cas, pour l’instant, c’est avec un peu d’inquiétude qu’ils regardent la rentrée prochaine.
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