La Province de Hainaut supprime son Service Cinéma pour raison d'économies. Une décision lourde de conséquences pour le monde culturel local. Des réalisateurs, aux producteurs en passant par les centres culturels, tous regrettent ce choix.
Il y a pile deux mois, la Montoise Alice D’hauwe soulevait sa récompense: le René du meilleur court-métrage, pour son film « La Moisson ». Dans quelques mois, c’est en Californie qu’il sera présenté. Ce rêve, il a pu se concrétiser grâce au Fonds du cinéma du Hainaut. Via à une aide financière et un accompagnement, notamment dans le repérage des décors.
"Il aide vraiment les gens et c'est au-delà de donner de l'argent. Quand tu fais un film, chaque euro compte, quand quelqu'un te trouve tes décors, c'est des semaines de travail que tu ne dois pas faire. Pour moi, c'est des gens qui m'ont vraiment aidée et c'est même plus que ça. Ils connaissent la région. Quand t'as besoin d'attestations, ce sont eux qui aident niveau administratif. Leur aide a été capitale", explique Alice D'Hauwe, réalisatrice montoise.
A travers, le Service Cinéma, la Province attire des productions sur son territoire et booste son attractivité. Elle aide aussi les réalisateurs dans leur projet. Mais elle participe en plus à l’organisation de séances de cinéma pour les enfants. Exemple à Colfontaine où la maison culturelle en planifie une fois par mois.
"Ils nous aident par rapport aux contacts avec les distributeurs, ils viennent avec leur matériel. Il y a un projectionniste qui vient. C'est quand même un accompagnement de A à Z. Il va falloir qu'on s'équipe au niveau du matériel puisque à part un écran, on n'a pas vraiment de projecteur adapté. Puis il va falloir qu'on prenne l'habitude de contacter directement les distributeurs, ce qui n'est quand même pas si simple que ça", regrette Laurence Van Hoost, directrice du centre culturel de Colfontaine
Organiser les séances de cinéma sera plus compliqué et plus coûteux. Aujourd’hui, c’est donc tout un secteur qui se sent abandonné dans le Hainaut. Et qui craint des retombées négatives.
"Les courts-métrages, c'est vraiment une forme de cinéma qui est assez fragile, qui est mal financée. Et la Province de Hainaut faisait partie des guichets de financement qui soutenaient ce type de films, qui sont pourtant hyper importants parce que c'est ce type de films qui permettent à des jeunes auteurs de faire leur premier film, des courts-métrages qui leur permettront après, si ça fonctionne, de faire un long métrage. Et donc c'est toute une forme de cinéma qui est aussi relativement fragilisée par la disparition du secteur cinéma", commente Hugo Deghilage, producteur montois
Début juin, une pétition a été lancée. Elle compte plus de 1500 signatures. Les acteurs du monde cinématographique demandent une concertation pour sauver ce qui peut l’être.
"Ce qu'on déplore, c'est le manque de créativité, le manque de discussion, le manque de concertation pour essayer de sauver quelque chose qui existe, qui est reconnu, qui a super bonne réputation et qui est hyper important pour nous. C'est ça vraiment qu'on essaye de mettre en place et de rouvrir un dialogue et essayer de trouver des solutions avec eux", ajoute Hugo Deghilage
La Province de Hainaut, en déficit budgétaire de 35 millions d'euros, se doit de réaliser des économies et ça passe par la suppression du Service Cinéma. La Province dit ne maintenir que ses activités liées à l'éducation permanente.
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