Paolo Falzone, coupable de 7 meurtres. Une phrase attendue depuis 4 ans par les victimes et proches de victimes dans le drame de Strépy-Bracquegnies. Ce vendredi, les jurés de la Cour d'assises ont tranché. C'est un soulagement pour les parties civiles.
Il y a des larmes... Il y a des sourires… Et un mot commun à toutes les parties civiles: le soulagement.
"Ça fait quatre ans, plus de quatre ans maintenant qu'on attendait ça. Donc ça veut dire que maintenant les victimes sont reconnues en tant que telles et les personnes qui malheureusement ne sont plus là peuvent reposer en paix parce que le crime a été reconnu", confie les larmes aux yeux Manon Gara, fille de victime.
Il n’aura fallu qu’une phrase pour libérer les parties civiles d’un poids incommensurable : Paolo Falzone est reconnu coupable de 7 meurtres. 7 homicides volontaires. Le verdict est clair : ce matin du 20 mars 2022, au volant de sa voiture, roulant à plus de 170 km/h, il avait la volonté de tuer.
"Il y a une justice qui a été rendue aujourd'hui et pour moi, elle est correcte. Et voilà ce que j'ai envie de dire. C'est ce que j'attendais", commente Grégory D'Andrea, frère de victime
"Depuis le départ. Je le dis, je pense que quand on prend des risques inconsidérés avec une arme et en l'occurrence une voiture, on est quand même raisonnablement conscient qu'on risque de tuer des gens. Et donc oui, je suis très satisfait de ce prononcé dans ce sens là. Oui", ajoute Nicolas D'Andrea, frère de victime
Après la lecture du verdict, la présidente a lu les motivations des jurés. L’intention de tuer s’est cristallisée dans l’attitude de l’accusé: décrit comme un fou du volant par ses voisins, il se filmait régulièrement à des vitesses folles, il a boosté le moteur de sa BMW ou encore il n’a volontairement pas freiné lorsqu’il a vu le groupe à 190m devant lui. Autant d’éléments qui ont incité les jurés à reconnaître les homicides, mais aussi les tentatives d’homicides sur 79 personnes. Par contre, la préméditation n’est pas retenue concernant Frédéric d’Andrea, le gille qui s’était retrouvé sur le capot de sa voiture.
"On savait que c'était une discussion qui était un peu fragile. C'était une question d'interprétation et le jury a décidé de pas le retenir. Mais moi ce que je retiens, c'est qu'aujourd'hui on a sept meurtres et c'est finalement le principal de la situation", confie Nicolas D'Andrea, frère de victime
Aujourd'hui, les proches et les victimes arrivent au bout d’un très long processus éprouvant. C’est une nouvelle page de leur deuil qui peut s’écrire
"On pensera toujours aux drames aux dates d'anniversaires, à des circonstances spéciales, mais on n'en parlera plus tous les jours, toutes les semaines, en attendant de savoir s'il une audience ou quoi... Tout sera terminé et sera derrière nous", confie Florian Devise, victime
"Je pense que le livre n'est pas fermé. C'est un deuil difficile, c'est long, c'est fastidieux. Mais je pense qu'avec ce qui s'est dit aujourd'hui, il y a un gros chapitre qui peut être passé. Maintenant, je pense qu'on va pouvoir avancer un petit peu dans ce deuil", conclut Manon Gara
Ultime étape dans ce procès : le prononcé de la peine pour Paolo Falzone et Antonino Falzone. Mais pour les parties civiles, le mot justice a déjà résonné ce vendredi matin dans la salle d’audience.
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