Après Louvain-la-Neuve hier, Mars Attacks! manifestait ce midi dans les rues de Mons. Ce collectif rassemble les acteurs de l'enseignement, tous réseaux confondus. Plus d'une centaine de professeurs et d'étudiants ont parcouru le centre ville.
Malgré le vote du décret sur la réforme de l’enseignement la semaine dernière, les acteurs du secteur ne décolère pas. Pour certains, c’est la manière dont le vote s’est déroulé qui les a incité à continuer à manifester.
« On avait envie de montrer que même si le décret a déjà été voté on est pas content et on va continuer de montrer que l’on est pas content car pour nous ça reste une grosse injustice, d’autant que le décret a été voté de façon illégale sans respecter toutes les règles » souligne Emilie Dutordoir, Professeur de français et d’espagnol dans le secondaire.
Et cette manière d’agir, suivie de protestations réprimées par la police, a également poussé des citoyens, avocats de leur état, à rejoindre la manifestation montoise.
« En fait on a tous été choqué par la façon dont les manifestants ont été traités à Bruxelles. On trouve que ça implique une réponse citoyenne forte. On est là pour ça : dire que des choses ne vont pas et qu’on devrait assurer les droits fondamentaux de chacun » indique Nicolas Alaimo, avocat.
Mais aujourd’hui, la plupart des manifestants, quel que soit le réseau ou la filière, restent focalisés sur les réformes à venir et leurs conséquences. Pour les professeurs du secondaire, les deux heures supplémentaires devant la classe vont laisser des traces.
« Le directeur a fait une projection en ce qui me concerne. On m’a annoncé que j’allais perdre 16 heures sur 20 de mon horaire et comme je ne suis pas nommée, je ne vais pas être recasée ailleurs » annonce Emilie Dutordoir
Pour d’autres professeurs, issus des académies de musique, c’est l’introduction d’un droit d’inscription qui inquiète.
« Nous on est professeur de musique, de dans et de théâtre dans les académies, donc on va être impacté avec la décision qui va faire payer un droit d’inscription de 95 euros pour les moins de 12 ans » ajoute Lara Cowez, professeur à l’Académie de Mons
L’augmentation du coût de l’enseignement inquiète aussi les étudiants. Malgré les examens, certains ont pris le temps de venir rappeler l’impact de l’augmentation du minerval dans le supérieur.
« Je viens aussi manifester parce que ce décret programme prévoit le minerval à 1200 euros. Ce décret veut que ce soit uniquement les plus riche qui puisse étudier sans problème » revendique Logan Punda, étudiant à la Haute école en Hainaut.
Au-delà de ces cas personnels, les enseignants se sentent aussi peu entendus, et c’est un euphémisme.
« Je pense qu’avec toutes ces réformes, parfois des micro-réformes, ont se sent attaqués de partout. On a l’impression d’être pris en étau et on est un peu perdu. Je pense qu’à l’unanimité on ne se sent pas écouté sur nos revendications au quotidien, de terrain » ajoute Rodrigue Delattre, enseignant en secondaire.
Le Collectif Mars Attacks! entend poursuivre sa mobilisation. Ce vendredi, les acteurs de l’enseignement seront dans les rues de La Louvière.
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