La hausse de la TVA de 6 à 12% sur les plats à emporter impacte les écoles qui servent des repas chauds via un traiteur externe. Ces repas sont soit payés par les parents, soit financés grâce à des subsides. Mais qui va payer l'augmentation?
Une escalope de légumes, accompagnée de son brocolis et de purée. Ce repas chaud coûte encore aujourd’hui 3,49 euros par enfant. Mais dès le premier mars, il devrait revenir à 3,69 euros. Conséquence directe de la hausse de la TVA sur les plats à emporter.
"TVA à 6 %, TVA à 12 %, ça représente un surcoût qui n'est pas marginal pour notre commune, vu que c'est 750 repas qui sont servis quotidiennement. Les subsides actuels ne compenseront pas du tout cette augmentation et vu qu'on est plutôt un peu partout à la baisse, il est certain que demain il n'y aura pas de subsides complémentaires pour venir compenser", commente Mathieu Messin, échevin PS de l'Enseignement pour la commune de Colfontaine
La commune s’interroge sur l’option à privilégier. Refacturer cette hausse aux parents où l’assumer dans son budget communal. A Colfontaine, les repas distribués dans les 10 implantations sont gratuits pour les parents, payés grâce à des subsides.
"Dans le Borinage, nous sommes dans des communes aux revenus moyens par habitant qui sont relativement peu élevés. Donc on sait qu'il y a toute une série de familles en difficulté et ces familles seront les plus fragilisées. Si on doit assumer cette hausse de TVA, il va falloir donc réfléchir. Est ce qu'on va sur une facturation envers les parents ? Est ce que demain on doit arrêter partiellement, totalement la distribution des repas, ce qui serait une catastrophe sociale ?" ajoute Mathieu Messin
Aujourd’hui, la crainte de la commune va plus loin. Elle s’inquiète de voir les subsides liés à ces repas chauds rabotés ou supprimés à l’avenir. Si demain, les 10 écoles en sont privés, ça voudrait dire compenser à hauteur de 500 000 euros par an. Une situation intenable. Mais un scénario pas impossible. A Mons, 4 écoles sont déjà privées de leurs subsides depuis la rentrée dernière.
"Ça représente un peu plus de 550 élèves qui n'ont plus droit aux repas gratuits. Donc déjà là, on a une réduction au niveau des commandes de repas. A côté de ça, il y a d'autres parents qui payent les repas et donc il n'y a pas eu vraiment de changement. Mais voilà, il y a une hausse de coût, forcément pour ces familles-là", explique Argyro Gyparakis, échevine LB de l'Enseignement à Mons
A ça, s’ajoute la hausse de la TVA. Un calcul difficile à encaisser pour l’échevine
"Augmenter le coût des repas dans les écoles, c'est pour moi une catastrophe. On a toute une série d'enfants, malheureusement, qui sont précarisés. Certains enfants viennent à l'école avec des mallettes vides ou des mallettes qui ne sont pas adaptées et qui ne leur permettent pas de se développer correctement", ajoute Argyro Gyparakis
La Ville de Mons compte demander à la Fédération Wallonie-Bruxelles une aide financière pour compenser l’écart de prix lié à la hausse de la TVA. Une seconde interpellation réclame en plus un retour en arrière concernant les subsides supprimés pour les 4 écoles montoises. Car Mons, comme les autres communes, n’a pas les finances pour assurer ces coûts supplémentaires.
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