L’entreprise de titres-services EkoServices se restructure. Elle a décidé de fermer ses centrales de repassage et de se séparer d’employés administratifs. Les syndicats soulignent un manque de concertation, l’entreprise nie tout licenciement brutal.
Voilà la lettre que Marie-Christine, gestionnaire qualité chez EkoService Jurbise vient de recevoir.
« Mon responsable m’a convoqué mercredi dernier pour me dire platement que j’étais licenciée et que mon préavis commençait le 23 mars. Le motif : réorganisation » indique Marie-Christine Zambon.
Et Marie-Christine n’est pas la seule, d’autres employés ont également reçu leur lettre de licenciement dans un groupe qui compte un peu plus de 1500 travailleurs.
Pour EkoServices, il s’agit de réorganisation dans un contexte difficile, notamment à cause de réformes de l’aide à l’emploi dans le secteur.
« Il n’y a pas de licenciement collectif mais il y a une réalité : l’actualité de notre secteur nous a amenés à nous réorienter et à fermer nos centrales de repassage. Nous déplaçons donc les travailleuses qui travaillaient en centrale vers le repassage à domicile » explique Laura Hamdoun, Directrice d’EkoServices.
Un repassage à domicile qui se fera en même temps que des heures de nettoyage, ce qui n’est pas toujours possible pour certains travailleurs.
« Moi en aide-ménagère, je ne participerai pas vu mon âge et ma santé. C’est trop dur ? Oui un petit peu quand-même » avoue Brigitte Igot, repasseuse chez EkoServices.
Si l’on peut comprendre la réorganisation au vu du contexte, les syndicats s’attendaient à davantage de concertation et s’interroge aussi sur les choix posés dès maintenant.
« On s’attendait à avoir des informations beaucoup plus précises sur les méthodes utilisées pour la réorganisation mais pas de concertation sur le fond du dossier » dénonce Sandra Goret, Secrétaire régionale FGTB Mons-Borinage.
« Si on veut une réflexion globale sur la situation globale d’un groupe, il faut attendre les chiffres du mois de juin et pouvoir envisager une série de mesures, mais peut-être pas celles-ci, avec une conjoncture et des mesures gouvernementales à prendre en considération aussi. Je crois qu’on se précipite trop dans la communication et les licenciements » ajoute Laurence Semoulin, permanente CSC.
Les mesures gouvernementales sont attendues aussi du côté du groupe EkoServices qui souligne l’impact potentiel de la réforme des aides à l’emploi pour l’économie sociale.
« La réforme qui est en cours sur l’aide à l’emploi qui nous est vitale, elle pourrait coûter l’emploi de tout le titre-service en économie sociale en Wallonie » alerte Laura Hamdoun, Directrice d’EkoServices.
Un dossier complexe donc qui évoluera dans les mois à venir.
Sur le même sujet
Recommandations
Maisons internationale de Mons : la fin des subsides fédéraux fragilise l’accueil des étudiants étrangers