"Affiche politique. 50 ans de Triennales", c'est la nouvelle exposition à découvrir au Mons Mémorial Museum. Elle présente un peu moins de 200 affiches reçues depuis un demi-siècle et qui traite des thématiques d'hier et d'aujourd'hui.
Un mot fil rouge : liberté. Cette affiche ouvre l’univers de cette exposition qui retrace 50 ans d’un concours: la triennale de l’affiche politique.
"Auparavant, chaque Triennale, c'était un concours d'affiches. Ici, on s'est dit on a plus de 50 ans de production d'affiches dans le cadre de la Triennale donc on va faire une anthologie, on va faire une nouvelle sélection avec notre œil d'aujourd'hui de plus ou moins 200 affiches que l'on souhaite présenter", explique Corentin Rousman, commissaire de l'exposition et conservateur Mémoire et histoire militaire à la Ville de Mons.
Ces affiches, oeuvres d’artistes, sont organisées en 16 thématiques. Liberté d’expression, environnement, santé publique, surconsommation ou encore migrations et impérialisme. Une scénographie qui trouve tout son sens au regard des visuels sélectionnés
"Il y avait une porosité entre les époques, parce que des messages qui ont été créés en 1978 nous parlent encore beaucoup aujourd'hui. Et donc c'est comme si les lignes du temps éclataient et donc en même temps on propose des groupes d'images par thématique, tout en gardant cette porosité, cette ligne du temps qui est fragmentée", détaille Joanna Karcher, chargée de projet pour le Pôle muséale et coordinatrice générale de l'exposition.
Les affiches les plus anciennes remontent à la 1ère triennale de 1976. Toutes sont exposées telles quelles, sans retouche. Et sous certaines, le mot d’explication est rédigé par des ados de différentes écoles montoises. Des jeunes de 17 et 18 ans qui ont participé à des ateliers d’écriture. Ces jeunes créent du lien entre les messages d’époque et leurs préoccupations actuelles.
"Par rapport à l'affiche sur le sans-abrisme, c'est la question initiale de l'affiche qui a une vingtaine d'années. Et en fait les jeunes se sont réappropriés le visuel et ça leur parle de solitude. Et donc le problème ne devient plus le sans-abrisme, mais bien la solitude de soi vis-à-vis des réseaux sociaux, vis-à-vis de l'exclusion du groupe. Et donc c'est plutôt sur la souffrance individuelle de l'exclusion", commente Boris Iori, commissaire de l'exposition et médiateur pour le Pôle muséal de la Ville de Mons.
Comme les jeunes ont été amenés à réfléchir sur les affiches, cette balade dans les temps pousse le visiteur à la réflexion, à s’interroger sur notre société
"On a des affiches derrière moi qui traitent de la question environnementale. Est-ce que quand j'achète un produit, j'achète un produit éthique ? Est-ce que mon alimentation est une alimentation qui est durable ? Est-ce que le vêtement que j'achète est un produit de la fast fashion ou alors un produit qui était produit localement ? Et donc voilà, ce sont des interrogations qui peuvent parfois être une confrontation aussi sur des problématiques parfois qui nous dépassent, comme la politique internationale, mais au moins qui nous rappelle que c'est au cœur même de notre société", explique Corentin Rousman.
L’exposition est à découvrir jusqu’en mai 2027
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