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Mat(t)isse : un projet pour la reconstruction mammaire

Publié le 19 janvier 2021 à 15:15

Mat(t)isse : pas question ici de parler peinture ! Il s'agit d'un projet européen Interreg qui mobilise pas moins de sept partenaires belges et français. Les chercheurs engagés dans le projet ont un objectif : trouver une nouvelle solution pour la reconstruction mammaire.

 

C'est un projet qui a débuté en 2018. Mat(t)isse réunit une quinzaine de chercheurs belges et français avec une belle ambition : aider les femmes ayant subi l'ablation d'un sein, grâce à un implant résorbable constitué de leurs propres cellules de graisse.

« Cet implant est constitué d'une coque rigide à l'intérieur de laquelle nous avons un tissu souple, un tricot. L'objectif c'est que ces deux parties soient constituées de polymères biocompatibles et biorésorbables et que les cellules adipeuses, celles du sein, viennent coloniser ce tissu de manière à remplir tout l'espace de la coque pour reconstruire le sein », explique Sophie Dropsit, chercheure à Materia Nova.

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Financé à hauteur de plus de trois millions d'euros par le programme Interreg, ce projet rassemble sept partenaires qui apportent chacun leur savoir-faire. Chez Materia Nova, on cherche le meilleur mélange de matériaux pour constituer l'implant. Pour réaliser ces test, des échantillons ont été crées par l'un des partenaires. «Aujourd'hui, on va conditionner dans des éprouvettes ces échantillons, de manière à les mettre  en présence d'un milieu qui reproduit le milieu physiologique. On les soumet à une certaine température pendant un temps donnée et on va voir comment ces matériaux se dégradent au cours du temps », poursuit Sophie Dropsit.

L'objectif étant que l'implant final puisse être entièrement résorbé par l'organisme. Du côté de l'UMons, on travaille plutôt sur le comportement des cellules de graisse qui vont devoir coloniser l'implant. « Dans un premier temps, j'ai travaillé avec les cellules cancéreuses afin que cela ne crée pas une deuxième tumeur pour la femme qui aura cette prothèse et ensuite on fera une étude sur les cellules saines pour bien comprendre la prolifération des cellules adipeuses dans cette coque et s'assurer que ce sont bien les cellules saines qui prennent le pas et non pas les cellules cancéreuses », décrit Tiffany Baetens, chercheure à l'UMons.

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Pour observer les cellules, plusieurs microscopes différents sont utilisés. Le projet Mat(t)isse se terminera en 2022. A Ce moment-là l'implant devrait être testé sur des animaux. L'espoir c'est de pouvoir poursuivre et arriver à l'humain, une motivation pour l'ensemble des chercheurs.

« Je trouve que ce projet est intéressant car il permettrait de pouvoir donner une deuxième chance aux femmes qui ont subi un cancer du sein. Cela leur permettrait d'avoir une nouvelle poitrine sans devoir passer sur la table d'opération », conclut Tiffany Baetens.

A terme, la méthode pourrait également servir à cicatriser d'autres parties du corps humain.

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