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Les clubs sportifs ont besoin d'aide !

Publié le 27 novembre 2020 à 10:01 - Mis à jour le 27 novembre 2020 à 11:51

Pendant ce deuxième confinement, les clubs sportifs de notre région sont au plus mal. C'est évidemment leur situation financière qui est inquiétante. Beaucoup de ces clubs ont reçu des aides après (ou pendant) le confinement du printemps dernier. Mais cette fin d'année reste très incertaine pour la plupart d'entre eux avec ce nouveau coup d'arrêt à cause de la 2e vague de Covid 19. Du coup, la Ministre des Sports et l'AISF tentent de trouver des solutions...

"Si on reprend, mais sans buvette et à huis clos, on ne tiendra pas !"

Ces propos sont ceux de Philippe Stuez. Il est trésorier du GGBC Colfontaine. Ce club de basket compte environ 250 affiliés. Et au printemps dernier, ils ont bénéficié d'une première aide suite au 1er confinement. Une aide en provenance du Fédéral après avoir rempli le fameux "dossier Covid". 

"J'avais fait un calcul bien précis pour évaluer nos pertes", explique Philippe Stuez. "Et cela se chiffrait à environ 9000 euros. Bien sûr, nous n'avons pas reçu l'entièreté de cette somme. Mais le fonds d'aide du Fédéral nous a octroyé un peu plus de 3000 €. Une vraie bouée d'oxygène à l'époque."

Autre exemple, le club de football d'Obourg. La RES Mons Nord compte 270 affiliés. Au printemps, ils ont reçu deux subsides. Le premier en provenance de la Ville de Mons (comme tous les clubs de l'entité qui possèdent une école de jeunes) : 5000 €. La deuxième aide venait cette fois de la Région Wallonne via l'ADEPS.

"Il fallait rentrer un dossier qui a pris du temps à être constitué", explique Nicolas Schiettecatte, responsable sponsoring de Mons Nord. "C'était un peu complexe car il y avait beaucoup d'éléments à fournir. Mais cela nous a permis de récupérer une partie des sommes que nous avons perdues. Nous n'avons pas pu organiser nos événements de fin de saison. Des événements qui, chaque année, nous offrent une rentrée d'argent importante". 

Il faudra de nouvelles aides !

Pas de soupers, pas de tournois de fin de saison, pas de matchs... C'était le lot de pratiquement tous les clubs en fin de saison dernière. Tout cela a provoqué d'énormes pertes financières. Et sans toutes les aides mises en place, quel que soit le niveau de pouvoir, de nombreux clubs auraient sans doute du mettre la clé sous le paillasson avant d'entamer l'exercice 2020-2021. Un constat partagé par l'AISF, l'Association Interfédérale du Sport Francophone. 

"Evidemment, beaucoup de clubs sont dans le rouge aujourd'hui", constate Serge Mathonet le directeur de l'AISF. "Il y a eu un fonds d'aide d'urgence au mois de juin dernier, c'est bien. Mais il va en falloir d'autres ! Il va même sans doute falloir que plusieurs niveaux de pouvoir se mobilisent en faveur du sport amateur !"  

Mobiliser le monde politique autour des clubs sportifs, c'est justement la volonté de la Ministre des Sports en Fédération Wallonie Bruxelles, Valérie Glatigny (MR). "Nos clubs sportifs sont, comme beaucoup d’acteurs de la société, impactés par la crise sanitaire. J’en appelle à une « union sacrée pour le sport » de tous les niveaux de pouvoir concernés afin que les clubs puissent être aidés à traverser cette période difficile !" Une déclaration faite au lendemain d'une rencontre avec l'AISF...

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Cotisations et buvettes représentent plus de 875 % des revenus des clubs sportifs ! (source AISF)

 

Concrètement, l'AISF a rencontré la Ministre des Sports lundi soir (23/11). Au menu de leurs discussions, l'analyse d'une vaste enquête menée par l'AISF auprès de plus de 500 clubs sportifs en Fédération Wallonie Bruxelles. De cette enquête, il ressort clairement que les cotisations (42%) et les rentrées liées de près ou de loin à la buvette (34%) représentent une part très importante du budget annuel des clubs amateurs. Problème, aujourd'hui les buvettes sont fermées, et les cotisations ne suffisent plus. 

Cotisations + Buvettes = 75% des revenus !

"Les cotisations des jeunes chez nous, sont utilisées pour payer les travailleurs associatifs", explique Philippe Stuez, du BC Colfontaine. "Les formateurs par exemple, sont des travailleurs associatifs dans notre club. On aurait pu augmenter les cotisations, mais ce n'est pas la voie que nous avons choisie pour cette saison vu le contexte." Même son de cloche à la RES Mons Nord. "Les cotisations payées par les parents ne permettent pas de faire face à nos frais fixes", détaille Nicolas Schiettecatte. "Et vu que la saison dernière ne s'est pas termine de manière normale, nous avons offert une diminution de cotisations aux parents pour entamer ce nouvel exercice."

L'enquête de l'AISF analyse aussi les frais des clubs sportifs amateurs. Les frais liés aux infrastructures (loyers, frais énergétiques, entretien...) représentent en moyenne plus de 22% des dépenses. Les charges sociales (défraiements des bénévoles, travailleurs associatifs, formateurs, ...) atteignent 24 % des dépenses. Ajoutez à cela les frais fixes à payer aux fédérations (elles mêmes parfois dans le rouge actuellement), les assurances, le matériel et autres, et vous comprendrez pourquoi tous ces "petits clubs" sont dans le rouge !

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Les dépenses fixes sont nombreuses pour les clubs, sans revenus pour le moment... (source AISF)

 

"Certains clubs ne pourront pas continuer leurs activités, sans une aide massive des pouvoirs publics", tranche Serge Mathonet. "Cela pourrait venir de la Fédération Wallonie Bruxelles. Mais pas seulement. On peut aussi jouer sur d'autres échelons comme la TVA liée au sponsoring qui pourrait être abaissée voire supprimée. On pourrait également envisager une aide de type Horeca pour les cafétarias et autres buvettes..."

Au printemps dernier, un total de 7 millions d'euros a été débloqué pour les clubs sportifs lors du 1er confinement Aujourd'hui, la Ministre Glatigny a déjà promis 3 millions pour une nouvelle aide d'urgence. Et ce n'est sans doute qu'un début. 

"Honnêtement, cette nouvelle aide serait la bienvenue. On n'a plus de rentrées actuellement. Plus rien. Si on n'a pas de subsides complémentaires, on va avoir de grosses difficultés dans les mois qui viennent...", conclut Nicolas Schiettecatte. 

L'AISF a même calculé que le monde du sport aurait besoin, au total, de 64 millions d'euros pour sortir de la zone rouge. Il va donc falloir être créatif d'un côté, et patient de l'autre car la crise sanitaire n'est pas terminée. Et la réouverture des buvettes/cafétarias n'est pas encore envisagée. Quand cette crise sera terminée, il y aura donc encore beaucoup de travail pour aider le monde du sport. Un monde si essentiel pour nos petites têtes blondes...

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La Ministre des Sports, Valérie Glatigny, espère mobiliser le monde politique pour le sport amateur !

 

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