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Bienvenue chez Vous - Octobre 2019

Publié le 23 octobre 2019 à 16:02

Bienvenue chez vous: les 75 ans de la bataille des Ardennes

Il y a 75 ans, les Ardennes belges s’embrasent au cours d’une des plus grandes batailles de la Seconde Guerre Mondiale. «Bienvenue chez vous» revient sur les traces laissées par ces combats.

Tourisme mémoriel ou tourisme de mémoire, cette forme touristique particulière mêle dans des proportions qui varient pour chacun d'entre nous, le souvenir et le recueillement à une volonté de compréhension historique par l'expérience et le ressenti. Dans le cas de la Bataille des Ardennes, il s'agit notamment de se rendre en compte par la visite des lieux des conditions physiques et parfois climatiques d'une bataille avant de la mettre dans une perspective historique plus large et ainsi susciter la réflexion. 

Avant de prendre la route, un petit rappel historique s'impose. A l'automne 1944, l'armée allemande est en recul sur tout le front occidental. Hitler tente alors une contre-offensive avec un objectif : reprendre le port d'Anvers et ainsi empêcher les alliés de l'utiliser pour leur approvisionnement. Le 16 décembre, il lance 250.000 hommes, là où les attend le moins, dans les Ardennes belges.

De cette longue bataille, le grand public n'en retient souvent qu'une ville : Bastogne. L'encerclement des forces alliées et le célèbre « Nuts » américain sont en effet entrés dans l'histoire. Cependant, bien que l'épicentre des combats se situe effectivement dans la ville ardennaise, c'est tout un front qui est concerné. Les Américains l'appellent d'ailleurs Battle of the Bulge (la « bataille du Saillant ») prenant en considération la forme de « coin » que la ligne de front avait lorsque la pénétration allemande fut arrêtée.

Celles, le point le plus à l'ouest

Anvers constitue donc l'objectif des Allemands mais pour prendre cette métropole, il faut passer la Meuse. Comme le fleuve est solidement tenu sur une ligne Namur – Liège – Maastricht, les armées du Reich se rabattent en amont, à hauteur de Dinant. 

A une dizaine de kilomètres de là, à Celles, le 24 décembre 1944, une colonne de chars allemands est subitement arrêtée. Le premier véhicule de la colonne vient de sauter sur une mine. Pour les soldats, la situation déjà difficile devient quasiment impossible. Ils ont faim, ils ont froid, ils n'ont presque plus de carburant et la météo devenant plus clémente permet à l'aviation américaine de les bombarder. Malgré une équipe de reconnaissance qui atteint le Rocher Bayard à l'entrée de Dinant, les Allemands n'iront pas plus loin.

Voilà pour la version officielle, telle qu'elle est écrite dans les livres d'histoire mais à Celles, on y ajoute un élément héroïque en la personne de Marthe Monrique, la tenancière d'un bistrot qui s'appelait alors le « Pavillon ardennais ». Quand le premier char allemand saute sur une mine, c'est elle qui les persuade de ne pas aller plus loin en leur laissant entendre que toute la route est minée jusque Dinant. En remerciement, Marthe Monrique a obtenu l'autorisation de mettre le char accidenté devant son café. Il y est toujours même si le café en question s'appelle aujourd'hui, fort opportunément, « Le tank ».

>> Lors de votre visite, ne manquez pas de faire un petit détour par le village de Celles, classé parmi les plus beaux de Wallonie et par le Château de Vêves.

Le massacre de Baugnez

Le 17 décembre 1944, une petite colonne américaine croise une très longue colonne allemande à hauteur de Baugnez, près de Malmedy. Le rapport de force est disproportionné et les Américains sont faits prisonniers et parqués dans une prairie.

Pour des raisons qui restent floues, peut-être une tentative d'évasion, les Allemands ouvrent le feu et tuent 84 soldats américains. Seuls 43 parviennent à s'échapper et propagent rapidement la nouvelle. Le massacre, l'un des plus importants contre des troupes américaines en Europe, aura un grand retentissement sur le front mais aussi Outre Atlantique.

Juste à côté de la prairie, a ouvert le musée « Baugnez 44 Historical Center » qui couvre la bataille des Ardennes essentiellement dans le secteur de Malmedy. Toutes les pièces exposées font partie de la collection privée de Mathieu Steffens, le propriétaire des lieux. 

Baugnez 44 propose en grand nombre, des pièces d'origine allemande. Cela tient au statut de Malmedy qui, en 1940, a été annexée au Reich, l'Allemagne récupérant ainsi les territoires perdus après la Première Guerre mondiale. Les hommes se sont retrouvés obligés de combattre dans l'armée allemande. Dans les greniers de la région, on trouve dès lors des objets liés à l'Allemagne nazie. Souvent, les familles les ont gardés de peur qu'ils tombent en de mauvaises mains et de se voir dès lors injustement associées au IIIè Reich.

Le cimetière américain de Neupré

A Neupré, le long de la route du Condroz, s'étend l'Ardennes American Cemetry où reposent 5.247 soldats américains tombés pendant la seconde guerre mondiale. Ces soldats étaient, dans leur grande majorité, des aviateurs.

Les lieux servirent de point central d'identification pour l'ensemble du continent européen. Ici, après la capitulation allemande, on ramenait les dépouilles des soldats tombés partout en Europe pendant la période d'occupation. Une fois identifiés, leurs proches avaient le choix de faire rapatrier le corps ou de le faire enterrer dans le cimetière de Neupré. 60% ont choisi le rapatriement.

Chose étonnante, le cimetière qui ne se situe pas en Ardennes et n'accueille pas ou peu de soldats tombés pendant la Bataille des Ardennes porte le nom de Cimetière des Ardennes. Ce paradoxe est dû à la volonté du Général Eisenhower qui voulait que cette grande bataille soit commémorée dans un cimetière.

Les Etats-Unis possède 26 cimetières permanents à l'étranger pour les deux guerres mondiales. Depuis la guerre de Corée, l'Amérique rapatrie systématiquement les dépouilles de ses militaires tombés au combat.

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