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Mons - Les dossiers des dommages de guerre aux Archives de l'Etat

Publié le 26 avril 2022 à 16:05

Ce matin, près d'un kilomètre de dossiers relatifs aux dommages de guerre sont arrivés aux Archives de l'Etat à Mons, en provenance de Bruxelles. Ces documents constituent une véritable mine d'informations pour les amateurs de grande et de petites histoires mais aussi pour tous ceux qui s'intéressent à l'habitation qu'ils occupent.  Regardez pourquoi...

Attention, transport exceptionnel ! Dans ces boîtes sont conservés des documents relatifs aux dommages subis durant la Deuxième guerre mondiale. En tout, pas moins d'1 kilomètre linéaire d'archives est aujourd'hui rapatrié à Mons.

« Ces archives, nous les avons depuis 10 ans à Bruxelles. Nous les transférons car nous avons un manque de place aux Archives générales du Royaume. Nous les amenons ici pour qu'elles soient plus facilement consultables par le public puisque cela concerne les Hennuyers », explique Stéphanie Deschamps, Attachée de presse aux Archives de l'Etat.

En Hainaut, près de 47.000 biens ont été endommagés durant la Deuxième guerre, tant par les troupes alliées que par les occupants. En 1947, une loi une loi relative aux réparations possibles est promulguée et des dossiers sont constitués.  Chacun peut-être concerné.

« Pour savoir si on est concerné, il existe un fichier général qui est consultable en ligne sur le site des Archives de l'Etat. Vous pouvez tout de suite repérer le dossier qui vous intéresse s'il concerne quelqu'un de votre famille » précise Laurent Honoré, Chef de service aux Archives de l'Etat à Mons. 

Ces dossiers renferment aussi  des détails intéressants à plusieurs niveaux.

 
« Il y a un intérêt pour l'histoire de la Seconde Guerre. Il y a un intérêt aussi pour l'histoire économique et sociale en général puisque dans ces dossiers on trouve par exemple ce que les entreprises possédaient comme machines juste avant la guerre » souligne Laurent Honoré.

A Mons, on considère que 10% des bâtiments ont subi des dommages de guerre. C'est le cas par exemple du collège Saint-Stanislas. Le dossier de demande d'indemnités fourmille de détails.


« On a d'abord un état des dégâts subis et on peut voir que le Collège a été bombardé en 1940, qu'il a été occupé, que la salle de gymnastique a été transformée en écuries, que des bancs ont été brûlés par l'occupant pour se chauffer,etc. », poursuit l'historien.

Nous sommes cette fois à Saint-Ghislain où ce particulier a dû demander des indemnités pour une maison complètement détruite.


« On a un dossier qui concerne un certain Mr Deschamps, qui  habitait rue des Canadiens a Saint-Ghislain. Il introduit une demande d’indemnisations. Il joint le plan de son habitation qui a été complètement détruite. Il fallait prouver l'état du bâtiment avant les bombardements » indique Laurent Honoré. 

L'indemnisation des dommages a parfois pris une vingtaine d'années et variait selon le statut du demandeur. 


« L'indemnité , dans le cas des particuliers, était proportionnelle au niveau de fortune. Si vous étiez plus aisé vous receviez moins proportionnellement qu'une personne défavorisée. Il fallait aussi fournir un certificat de bonnes vies et moeurs. Les personnes qui avaient collaborés étaient exclues de l'indemnisation. Par contre, les prisonniers de guerre ou les déportés étaient prioritaires », souligne le responsable des Archives à Mons.

L'accès à ce type de documents permet de mettre en lumière des éléments parfois méconnus de notre histoire. Il participe aussi au devoir de mémoire. 
 

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