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FOCUS - Quelles perspectives pour le sport amateur ?

Publié le 04 mai 2021 à 14:17

A l'heure où les mondes de l'Horeca et de la culture commencent à avoir quelques éclaircies pour le futur, le monde du sport est toujours dans l'incertitude totale. Quand les compétitions vont-elles pouvoir reprendre ? Le sport va-t-il reprendre ses droits normalement ? Des différences seront-elles faites entre sport intérieur et extérieur ? Autant de questions qui restent toujours sans réponses et auxquels on tente de répondre avec nos invités en plateau et en distanciel.

Tout d'abord, faisons un point sur la situation. Beaucoup de choses ont été dites et beaucoup de choses ont changés depuis le début de la crise. Il est donc important de rappeler ce qui est possible ou non à l'heure actuelle

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Tableau récapitulatif de la situation actuelle

 

Comme vous le voyez sur le tableau ci-dessus, le sport est désormais autorisé pour tout le monde. Les moins de 13 ans ont le moins de restrictions et peuvent effectuer du sport en intérieur et en extérieur, par bulle de 10 et avec contacts. Les adultes par contre ne peuvent pratiquer leur sport qu'en extérieur, en bulle de 10 et sans contacts. Des règles contraignantes et qui n'ont pas été assouplies lors du dernier codeco du 23 avril 2021. Un report de la décision a été annoncé au 11 mai, ce qui a provoqué quelques déceptions.

"Evidemment, cela a été une grosse déception" confie Serge Mathonet, directeur de l'AISF. "Le plan plein air devait arriver rapidement et il a finalement été repoussé. Normalement, ce plan plein air devrait être mis en place dès le 8 mai et les bulles en extérieur passeront donc de 10 à 25 personnes. Le codeco du 11 mai se penchera lui sur les compétitions et ouvrira peut-être la porte à une reprise de celles-ci. Enfin, un codeco au mois de juin permettra lui d'envisager une reprise des activités en salle"

Dès le 8 mai, les bulles extérieures devraient passer de 10 à 25 personnes

De futurs codeco devront donc apporter certains assouplissements au monde du sport, mais tout cela reste au conditionnel. Evidemment, la santé de tous doit prévaloir et avant d'imaginer un déconfinement complet des activités sportives, la situation doit s'améliorer. Mais les clubs attendent impatiemment de reprendre leurs activités.

"Le judo est un sport de contact indoor et donc complètement à l'arrêt" indique Damien Bomboir, responsable du Judo Club de Mons. "C'est impensable pour nous de faire du judo en extérieur et sans contacts. Beaucoup de membres sont sur la touche pour le moment et on espère pouvoir reprendre le plus rapidement possible. Actuellement, le club ne fonctionne qu'avec les jeunes de moins de 12 ans. On ne sait rien organiser pour les plus de 12 ans et nous avons une réelle crainte de les perdre à l'avenir. Cela fait 14 mois qu'ils sont hors du circuit et c'est très long pour eux! On a perdu 2 ans et surtout de jeunes talents qui ont découvert d'autres choses durant cette période"

 

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D. Bomboir : "On ne sait rien organiser pour les plus de 12 ans et nous avons une réelle crainte de les perdre à l'avenir"

 

"Le plus difficile est de ne pas savoir quand les compétitions reprendront" souligne le vice-président du RC Saint-Ghislain, Gilles Barigand. "C'est notamment difficile pour les adolescents qui adorent les compétitions, plus que les entraînements. Ces jeunes veulent aussi jouer tous ensemble! Car au final à l'entraînement, ils sont séparés avec les bulles et ils ne font que de la préparation physique ou de la technique. Les bulles de 10 demandent aussi plus de moniteurs et nous avons même dû annuler certains entraînements car nous n'avions pas assez d'entraîneurs" 

Le défi de la reprise : Réattirer les jeunes vers le sport

Le risque de perdre des affiliés est réel pour tous les clubs sportifs de la région. Les clubs attendent avec impatience de reprendre une vie sportive la plus normale possible. Une réouverture qui ne pourra pas se faire sans le retour de l'Horeca.

"La reprise avec l'Horeca est très importante" insiste Serge Mathonet. "D'après l'une de nos enquêtes, la majeure partie des recettes des clubs se réalise grâce aux cafétérias ainsi qu'aux soupers et autres activités. Les finances des clubs sont donc au plus bas et c'est une catastrophe! Je ne parle même pas des cotisations, qui bien souvent n'ont pas été reprises, et qui amènent également de l'argent aux clubs. Le sponsoring est aussi mis à mal. Il est essentiellement tourné vers des établissements Horeca et ils ont beaucoup souffert durant cette crise. Nous avons des craintes légitimes sur l'avenir financier et sportif de nos clubs. Si on prend l'exemple des arts martiaux, on se retrouve avec une perte de 30% des affiliés. On ne sait pas encore si on va pouvoir se remettre de tout ça! J'espère que l'on pourra reprendre normalement dès septembre"

 

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S. Mathonet : "Les finances des clubs sont au plus bas et c'est une catastrophe!"

 

Garder les membres et recréer un engouement autour du sport seront nécessaires à l'avenir. Comme cela s'est fait dans le monde culturel, des expériences à grande échelle seront organisées pour tester les différents protocoles mis en place. Mais la reprise devra se faire également via de grandes campagnes de sensibilisation pour attirer les jeunes vers le sport.

"Tous les clubs de la région auront besoin pour cela de leur fédération" poursuit Damien Bomboir. "La fédération de judo devra nous aider à nous relancer et attirer les jeunes. On en a perdu beaucoup et notamment des jeunes de plus de 12 ans. Ils sont partis vers d'autres disciplines et il faudra réellement promouvoir le sport. Les Jeux Olympiques peuvent également aider à mettre en valeur certains sports où la Belgique ramènera des médailles. On espère que ce sera le cas en judo. Les jeunes aiment également s'identifier aux plus grands et malheureusement sans compétitions ce n'est pas simple"

 Un déconfinement en plusieurs étapes 

"On a un peu perdu l'essence de notre sport" explique Gilles Barigand. "Nous sommes dans un sport collectif et beaucoup de gens font également du rugby pour le côté festif. Et depuis la crise sanitaire, on a perdu ces deux éléments. En rugby, tous les gabarits peuvent s'entraîner mais les entraînements varient aussi suivant le poste. A l'heure d'aujourd'hui, dire à un pilier qui est quelqu'un d'un peu plus costaud, qu'il ne peut que courir sans aller au contact, ce n'est pas évident. Pour l'instant, les joueurs s'entraînent mais sans aucun but, ni objectif. Ce sont des conditions difficiles"

De grosses différences existent également entre le sport intérieur et extérieur. Et inévitablement, comme lors du premier déconfinement, un retour au sport par phases, et par disciplines, sera mis en place.

"C'est inévitable que cela se fera de manière progressive" selon Serge Mathonet. "Les sports extérieurs sans contacts reprendront plus vite que les sports intérieurs avec contacts. Il y aura donc encore des combats à mener pour que cela se fasse le plus vite possible. On comprend qu'il faut respecter les règles sanitaires mais il faut comprendre que c'est possible moyennant certains ajustements. Grâce à des aérations correctes des salles de sport et la mise en place de protocoles, la reprise du sport en intérieur pourra déjà se faire pour beaucoup de disciplines. On espère que progressivement dès le mois de juin, on pourra reprendre en intérieur. Je n'ai pas de boule de cristal mais je pense qu'il faudra attendre le mois de septembre avant d'avoir une reprise normale. Mais je pense que d'ici le 25 juin, plusieurs sports pourront reprendre en intérieur et en extérieur"

 

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Les séniors du RC Saint-Ghislain ont repris les entraînements la semaine dernière : "L'envie y est et les joueurs sont motivés et en manque!"

 

Le 25 juin serait donc la date à retenir pour tous les sportifs en attente de perspectives. Un espoir pour une reprise des activités sportives. Une reprise qui devra se faire en douceur car les corps ont également beaucoup souffert de ces mois d'inactivité.

"En séniors, nous avons repris nos entraînements de façon adaptée la semaine dernière" conclut Gilles Barigand. "Et je peux vous dire que l'envie y est! Par exemple, certains de mes joueurs vont bientôt entrer en période d'examens, mais beaucoup m'ont dit qu'ils viendront à l'entraînement malgré leurs examens. Ces jeunes sont en réel manque de sport. Ils ont besoin de souffler et d'avoir leur bulle rugby pour sortir un peu la tête du travail. Le sport permet à beaucoup de personnes de se libérer l'esprit. Le sport est vraiment une nécessité physique mais également mentale"

Une nécessité physique et mentale, c'est pour cela que l'on espère que le sport pourra rapidement reprendre ses droits ... pour le bien de tous.

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