Le nouveau code pénal place le recours à la peine de prison comme ultime remède. Une réforme qui fait écho aux problèmes de surpopulation carcérale que connaît notamment la prison de Mons.
Avec plus de 400 détenus pour 300 places, la prison de Mons est pleine à craquer. La situation est la même partout en Belgique : la surpopulation carcérale augmente malgré un nombre de places croissant ces 30 dernières années. Le nouveau code pénal, entré en vigueur ce mardi, propose donc de réduire le nombre de peines de prison prononcées.
L'ancien code pénal prévoyait la prison comme la peine principale. Ici, la volonté de l'Etat est de dire que la sanction ne doit plus être le fait d'enfermer quelqu'un, mais le fait de pouvoir permettre à cette personne de se réinsérer, de rencontrer un contrat entre la société et lui même tout en respectant les victimes.
Philippe Morandini, premier président de la cour d'appel de Mons
L'emprisonnement est donc considéré comme l'ultime recours dans ce nouveau code pénal. Mais cette règle va-t-elle réellement changer quelque chose dans nos prisons ? Rien n'est moins sûr.
Ça ne suffira pas pour provoquer une baisse de la population carcérale. Il faut accompagner la mise en œuvre de nouveaux textes. Il ne suffit pas de dire aux gens : "voilà un nouveau texte, débrouillez vous avec". Il faut les aider à le mettre en place. Et par ailleurs, les acteurs de terrain sont extrêmement demandeurs de ça. Il faut former les gens, il faut informer les gens, il faut les soutenir. Il faut réduire la charge de travail des magistrats pour qu'ils puissent réfléchir à leur cas qui puisse traiter leur dossier avec recul et de manière parfaitement soigneuse
Christophe Mincke, directeur du département criminologie de l'INCC
Manque d'effectif, de temps et de sensibilisation des magistrats. Pour pouvoir réduire la population carcérale, les mentalités devront changer à l'intérieur et à l'extérieur des tribunaux.
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