La congrégation des Pauvres Soeurs à Mons vient de fêter ses 675 ans. L'occasion de rendre visite aux deux dernières soeurs, avec sous la main des documents historiques inventoriés par les Archives de l'Etat à Mons.
C’est donc avec une surprise que Pierre-Jean Niebes, historien aux archives de l’État rend visite aux deux seules membres encore en vie de la congrégation des Pauvres Soeurs de Mons. Soeur Marie-Rose et Soeur Marie-Antoine logent aujourd’hui dans une partie du bâtiment de la rue de Bertaimont. Mais la congrégation n’a pas toujours occupé ces lieux.
« Ca c’est la pierre de fondation du premier couvent, car jusque 1800 on était au béguinage mais on a été expropriée pour laisser place aux boulevards. On a racheté la maison du refuge de l’Abbaye d’Hautmont mais c’était très délabré et en 1849, on a mis la première pierre de la nouvelle construction » explique Soeur Marie-Rose.
Une construction qui compte encore trois ailes historiques. C’est à l’étage de l’une d’elles que les sœurs nous emmènent pour découvrir la surprise du jour…
« Je vous ai apporté quelques photos tirées des archives, qui doivent vous évoquer un souvenir... C’est la cérémonie de vêture ! » montre Pierre-Jean Niebes, archiviste aux Archives de l’État à Mons.
« Je suis entrée en 1959 et c’était en 1962 que j’ai fait mes premiers voeux et c’est après ça que je sui allée à Tournai où on m’a envoyée » se souvient Soeur Marie-Antoine.
Car les Pauvres Soeurs, institution née à Mons, ont essaimé dans plusieurs villes de Wallonie, mais toujours pour remplir les missions qui sont à l’origine de leur fondation en 1351.
« Les Soeurs étaient 9 au départ, autour de Béatrice Dupont. Elles vivaient en soeurs, elles étaient pauvres d’où leur nom. C’était juste après la peste, il y avait beaucoup de pauvreté. Les sœurs se sont mises ensemble pour ça » explique Soeur Marie-Rose.
« C’est une congrégation hospitalière dédiée aux soins aux malades et aux personnes âgées » ajoute Pierre-Jean Niebes.
Des missions encore accomplies en partie, au travers de la maison de repos et des activités sociales. Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’institutions hospitalières liées aux Pauvres Soeurs. Dans la région, c’est à Jemappes, à Pont-Canal, qu’elles ont oeuvré pendant 50 ans, avant que l’hôpital ne soit détruit en 1978.
« Les sœurs qui travaillaient à Pont-canal on les a connues ! Soeur Clotilde, Soeur Joséphine qui était accoucheuse. C’était formidable » se souvient Soeur Marie-Antoine.
L’ensemble des souvenirs et documents liés à l’histoire de cette congrégation multicentenaire se trouvent actuellement aux archives de l’État. Leur inventaire est terminé, un inventaire qui permet de mettre en lumière ce livre ancien relatif aux règles de la communauté.
« Vers 1485, l’évêque de Cambrai leur donne ce document par lequel elles ont des statuts, avec une règle inspirée de Saint-Augustin » souligne l’archiviste.
L’inventaire compte également de nombreuses photos et des plans de la première implantation montoise des Pauvres Soeurs. C’était au sein même du béguinage de Cantimpret, il y a 675 ans.
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