Le fonctionnaire de la région wallonne a une nouvelle fois refusé la demande de permis de CIP pour l’installation d'une usine de biométhanisation à Hautrage. Un soulagement pour les riverains, une incompréhension pour le demandeur.
La décision du fonctionnaire délégué de la région wallonne est tombée ce jeudi soir : c’est à nouveau non pour l’installation d’une usine de biométhanisation à Hautrage, dans le zoning industriel. Les arguments avancés par l’autorité mettent en avant les incertitudes qui continuent de peser quant aux nuisances olfactives, au charroi, aux risques sanitaires et accidentels du projet. Le fonctionnaire wallon souligne aussi les incidences sur l’eau, les sols, la mobilité et la sécurité des riverains, d’autant que le projet d’ampleur se situe à proximité d’habitations et d’équipements qui génèrent déjà des nuisances.
La liste est longue donc et pour le promoteur CIP, c’est l’incompréhension.
« Effectivement, c’est l’incompréhension qui règne parce qu’au fil de l’instruction du permis des avis positifs de la grande majorité des entités expertes consultées par l’administration. On a reçu des avis favorables avec des conditions strictes de la part de l’agence qui est liée à la qualité de l’air, aux odeurs, au trafic fluvial, au trafic routier» indique Antoine Mathelot, Directeur de projet pour Copenhagen Infrastructure Partners CIP.
Du côté des riverains constitué en asbl, l’avis est évidemment tout autre. C’est le soulagement !
« C’est un soulagement mais si la bataille est gagnée, la guerre ne l’est pas encore. Nous serons toujours aux taquets et les saint-ghislainois ne veulent pas de ça. Ce n’est pas bon pour la Wallonie, n’en déplaise au demandeur, et ce n’est pas bon pour Saint-Ghislain » souligne Marie-Laurence Hanssens, membre de l’asbl De Nous.
Car le demandeur met en effet en avant l’importance de ce projet de 200 millions d’euros qui permettrait de produire 304 gigawatts via la bio méthanisation et de créer aussi 100 emplois. Le collectif De nous émet des doutes sur les chiffres avancés et souligne les nuisances engendrées.
« On a étudié le dossier de fond en comble. Ce sont 24 emplois direct pour 8 hectares et on installe pas une usine à gaz à 150 mètres de la première maison. C’est un non sens » poursuit Marie-Laurence Hanssens.
Le collectif se doute que le promoteur du projet va introduire un recours auprès du Gouvernement wallon. Pour CIP , l’heure est à la réflexion.
« On a pas encore pris de décision en interne pour la suite à donner à ce refus, sachant qu’on développe des unités de méthanisation un peu partout en Europe et que l’accueil qu’on reçoit ailleurs est sensiblement différent que celui que l’on reçoit ici en Wallonie dans le cadre du projet Biogas Hautrage» souligne Antoine Mathelot.
Le promoteur a 20 jours pour introduire son recours. Suite donc au prochain épisode...
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