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Chronique Bande dessinée
Septembre en t’attendant Alissa Torres – Sungyoon Choi Editions Casterman – collection Ecritures
Le hasard fait parfois mal les choses. Eddie Torres effectuait son 2ème jour de travail comme agent de change au sein de Fitzgerald Cantoor au 83ème étage du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Septembre en t’attendant, c’est l’histoire d’Alissa Torres, l’épouse d’Eddie. Elle est enceinte de 7 mois quand elle apprend la terrible nouvelle. Quatre jours de recherche éperdue avant de commencer à accepter la terrible nouvelle et de vivre « avec ». Très entourée au début, par la famille, les amis et les œuvres caritatives, elle va petit à petit découvrir la solitude, la difficulté d’être mère, le renversement d’opinion et les affres des démarches administratives. Ce récit chronologique est entrecoupé de flashbacks, sur Eddie, son ascension sociale, sur leur rencontre, leur vie commune par moments chaotique et sur l’espoir que représentait ce nouveau boulot. Aucun manichéisme dans ce récit. Si on est empathique avec Alissa, elle peut aussi profondément nous irriter. Le plus percutant dans ce récit, c’est ce retournement rapide de l’opinion américaine, qui redevient bien vite « égoïste ». C’est une jolie brique de 213 pages, avec quelques longueurs et un dessin qui manque par moments d’expression … mais le document vaut la peine d’être lu pour cette analyse sans compromis de la « charité à l’américaine ». |
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 Putain de guerre – 2 – Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney Editions Casterman – Univers d’Auteurs
C’est le grand projet de Jacques Tardi qui voit ici son aboutissement, avec la sortie du deuxième tome de Putain de Guerre : l’évocation de la grande guerre en bande dessinée, en y évoquant la place qu’y ont occupé les hommes qui l’ont réellement faite. Pour cette grande aventure et par souci de rigueur historique et de véracité, Tardi a poursuivi sa collaboration avec Jean-Pierre Verney. Et comme on le découvre dans le DVD qui accompagne ce deuxième tome, c’est un travail énorme qu’ont accompli les deux hommes sur le terrain, dans les musées et à la rencontre des gens qui conservent des « souvenirs » de la grande guerre. Si le 1er tome démarrait en couleur, celle-ci s’estompera au fur et à mesure que la guerre s’enlise. Dans le 2ème tome, c’est le gris qui domine. C’est aussi l’éveil des consciences et les questions que les hommes de troupe se posent, pourquoi nous demande-t-on de tuer les gens d’en face, des questions que se posent aussi les allemands par ailleurs. Cet intérêt pour cette période de l’histoire, Tardi l’a « héritée » de son grand-père mais la fascination n’a rien d’une mise en valeur des héros, c’est fondamentalement une réflexion sur ce qui fût l‘archétype de la guerre et de la bêtise humain. Et dire qu’à cette époque, on pensait que ce serait la « Der des der » … A découvrir et à visionner, le documentaire réalisé par Thomas Boujut ainsi que les trois périodiques grand format qui ont précédé la sortie de l’album, 1917, 1918 et 1919. |
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Vampyres – 1 – scénarios : Sylvain Ricard – Denis-Pierre Filippi dessins : Patrick Laumons – Tommy Redolfi – Steve Lieber Vampyres – 2 – scénarios : Jean-Paul Krassinsky – Philippe Thirault – Alcante dessins : Michel Durand – Guillem March – Matteo Editions Dupuis
La démarche de Vampyres vaut le détour. En 2006, six écrivains « commettent » une nouvelle pour la collection « J’ai Lu », sur un thème commun : « Dans le village de Sable Noir, la malédiction s’abat le 3 novembre … ». Par la suite, six réalisateurs s’empareront de ces nouvelles pour réaliser six courts métrages. L’idée vint ensuite, lors du lancement de la deuxième saison, de confier à six couples scénaristes / dessinateurs du monde de la bande dessinée de proposer sur base de ce qu’ils ont lu leur adaptation de ces univers. Dans les deux tomes, sans être outre mesure originales, les six histoires sont, en tout cas, bien construites et fort agréables à lire. Pour les habitués de ce genre, cela correspond aux standards. Le plus, à mon sens, c’est dans ces deux tomes, de partir dans six univers radicalement différents, sur un même thème et cela donne envie de se plonger dans la lecture des six nouvelles et le visionnement des six courts métrages. |
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Marzi – 5 – Pas de liberté sans solidarité Marzi – Intégrale 2 – Une enfant en Pologne Dessins : Savoia Scénario : Sowa Editions Dupuis
Double sortie, avec le tome 5 des souvenirs de Marzi et la deuxième intégrale. Une sortie qui tombe à point nommé, alors qu’on s’apprête à fêter le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. A point nommé, car les souvenirs de la jeune polonaise aborde justement la période-charnière de 1988 en Pologne. On est en plein été 88, Marzi attend avec sa mère le retour de son père, qui ne revient pas. Et pour cause, l’usine où travaille son père est en grève, en grève contre le communisme. La petite fille est divisée entre deux sentiments, la peur et la fierté mais elle se pose aussi des questions sur les conditions de vie de son père. Et quand elle se rend à l’usine, personne en ville … la population est massée devant l’usine, elle soutient les grévistes. C’est le début d’une nouvelle ère … Ce tome 5 marque la fin du 1er cycle des souvenirs « communistes » de Marzi, par la suite, on la verra vivre et grandir dans une autre Pologne. Les deux compères (Savoia et Sowa) continuent, avec bonheur, sur la voie qu’ils se sont tracées : une alternance entre des événements sociaux importants et les mille et uns soucis ou joies d’une jeune enfant. C’est précisément ce regard d’une enfant sur les grands événements qui rend l’ouvrage pertinent. Le tout est fait dans un grand souci de lisibilité et d’efficacité. Avec l’intégrale (tome 4 et 5), on découvre une autre vision du travail des auteurs puisqu’il est recolorisé en bichromie rouge et grise, avec de nombreux inédits.
Marzi, c’est aussi une exposition jusqu’au 27 novembre à l’Université du Travail de Charleroi. |
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 Bonne nuit, les Petits ! d’Olivier Mau et Stéphane Lenglet Editeur : Casterman Collection : Univers d’auteurs Comme son nom ne l’indique, évitez de lire ce livre le soir à vos jeunes enfants, ça n’aurait pas l’effet escompté. C’est la rencontre de deux univers sans le happy end, loin s’en faut ! Jeanne est une jeune comédienne débutante. A 18 ans, elle lutte pour s’imposer même si pour l’instant, les plans sont plutôt foireux ! C’est la galère, y compris dans la vie de tous les jours, mais elle sait que sa chance arrivera et elle est bien décidée à la saisir. Fabrice, lui, c’est tout l’inverse. Fils de millionnaire, tout a toujours été trop facile pour lui. Un personnage arrogant et suffisant, où l’on sent poindre une fêlure, celle de l’absence de son père, une absence qui se mue en haine corse. Le seul souci de ce jeune homme blasé, qui perçoit la vacuité de son existence, c’est la manière dont il va fêter ses 18 ans ! Leur destin va se croiser, sans que cela ne se transforme en conte de fée. C’est une fable cruelle et noire, la chute est abyssale ! Noire, comme le trait de Stéphane Lenglet ! Un ouvrage atypique mais très dense ! |
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Féru d’histoire locale, celle de sa ville, Saint-Ghislain, Denis Coulon s’est penché sur l’utilisation du ballon dans la bande dessinée. Quatre années de recherches qui ont permis la publication des Ballons et des Hommes. La question s’est posée, lors des séances de dédicaces, que faire en plus d’une signature et c’est qu’est né le petit ours bleu et jaune (aux couleurs de la Ville). Et quand il apprit que 2009 serait l’année de la bande dessinée, pourquoi ne pas mettre en images tous les gags qu’il avait patiemment conservés. En plus d’une dizaine de pages consacrées à l’histoire de la Cité de l’Ours, Denis Coulon nous propose des strips où l’on retrouve nombre de références à des auteurs de B.D. Le livre est publié à compte d’auteur. Vous pouvez le trouver au Syndicat d’Initiative de Saint-Ghislain – Place des Combattants, 27 ou à la librairie Quartier Latin – rue Grande, 13 à Saint-Ghislain Prix : 12€ |
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