Ces annonces sont générées au regard du contenu de la page. Nous ne pourrions être tenus responsables ni garantir la qualité de ces annonces.
Image
L'actualité
Les Infos
Les reportages
Le doudou 2011
Complément d'info
Le dossier de la redaction
Face à vous
Sports
Atout Sports
Atout Mag
L'agenda des sports
Culture
HappyCulture
Backstage
Emissions
Service Compris
Quartiers d'histoires
A vos courts
Bienvenue Chez Vous
Propos Libres
Le journal des régions
Dialogue Hainaut
Chuuut
Hainaut s'envies
Cinemagix
Le geste du mois
Table et terroir
Mobil' Idées
Image
Critiques Cinéma


J. EDGAR de Clint Eastwood - Sorti le 11/01/2012
ImageLe 32ème film de Clint Eastwood (si nos comptes sont bons), qui filme décidément plus vite que son ombre (un film par an, pas mal pour ce véritable dinosaure du cinéma !), explore cette fois la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes et énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover, directeur du FBI pendant près de 50 ans (de 1924 à 1972).
Voici donc le portrait d’un personnage complexe qui était tout autant craint qu’admiré. Un tel sujet est évidemment très dense et, d’emblée, on constate que le problème du film est qu’il ne fait que survoler certains thèmes essentiels liés au personnage, alors qu’il insiste beaucoup plus sur la sexualité ambiguë de ce dernier, l’homme étant un homosexuel refoulé. Un choix qui peut surprendre, surtout venant de la part de l’ex Dirty Harry. De plus, signalons que si vous n’êtes pas un parfait connaisseur de l’histoire américaine, vous risquez d’être un peu perdu devant la pléthore d’informations livrées par ce film relativement bavard. Mais les dialogues sont toutefois de qualité et, au-delà de ces quelques réserves émises, J. Edgar retrace très intelligemment un véritable mythe, jouant des vérités et des mensonges, le tout bénéficiant d’une photographie délavée qui renforce le sentiment de désenchantement ressenti par Hoover au crépuscule de sa vie. Last but not least, Leonardo Di Caprio interprète brillamment le personnage, en dépit d’un maquillage quelque peu grossier.
Portrait d’un homme influent et de sa toute puissante nation, J Edgar n’est au final pas un grand Eastwood mais reste au demeurant de très bonne qualité et devrait plaire davantage à tous ceux qui s’intéressent aux grandes figures des Etats-Unis comme l’était indiscutablement ce J Edgar Hoover.

6/10


 
SHAME de Steve McQueen - Sorti le 11/01/2012
ImageShame est le second long métrage de Steve McQueen, réalisateur britannique à qui l’on doit Hunger, un premier film déjà très cru et radical qui prenait place dans une prison d’Irlande du Nord où des prisonniers entamaient le « Blanket and No-Wash Protest ».
Dans Shame, McQueen nous fait découvrir le quotidien de Brandon, un New-yorkais qui est véritablement obsédé par le sexe, vivant ainsi d’une profusion d’actes sexuels mais qui, paradoxalement, s’en ressent terriblement frustré. Sa sœur Sissy va alors réapparaître dans sa vie, squattant son appart’ et bouleversant davantage son existence.
Shame est le portrait ambigu et glacial de ce personnage insensible, magistralement interprété par l’incontournable Michael Fassbender (X-Men first class, A dangerous method) qui livre une interprétation physique et émotionnelle très intense. Tout comme lors de son précédent métrage, Steve McQueen secoue les spectateurs, n’hésitant jamais à nous asséner quelques claques pour ne jamais nous caresser dans le sens du poil. Ce cinéaste-là ne fait pas dans le consensuel et ceux qui ont vu Hunger à l’époque ne seront pas dépaysés. Possédant un style bien à lui fait de plans séquences fixes où il laisse s’exprimer ses comédiens, de gros plans perturbants où il n’hésite pas à jouer avec la nudité frontale de ses comédiens, et de plans plus expérimentaux, la caméra de Steve McQueen se fait arty, et on pourrait même parfois penser qu’il se regarde filmer. Malgré cela, l’ensemble forme un drame intense et virtuose qui nous dit beaucoup de chose sur la sexualité d’aujourd’hui, mais aussi et surtout sur le sentiment de solitude, avec en toile de fond la froide métropole de New York.
C’est poseur, beau, cru, fascinant et dérangeant à la fois, c’est Shame de Steve McQueen.

7/10
 
LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE de Steven Spielberg Sorti le 26/10/2011
ImageMille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest! Voilà que le papa d’E.T. nous propose sa version des aventures du célèbre reporter belge, condensant pour lancer ces hostilités (deux suites étant programmées) l’intrigue des albums Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge (ainsi que des éléments du Crabe aux pinces d’or). Tintin version Spielberg, ou quand Indiana Jones s’européanise, Tintin s’américanise.
Qu’on se le dise, les libertés prises par rapport aux bandes dessinées sont ici nombreuses : Tintin ne connaît pas encore Haddock en début d’aventure (alors que dans l’album il achète la maquette de la Licorne pour ce dernier), l’exploration sous-marine grâce au submersible en forme de requin est éliminée (le professeur Tournesol, inventeur de l’engin, n’étant d’ailleurs pas de l’aventure), Spielberg nous offre un final inédit gonflé de scènes d’action virevoltantes,…les puristes ont de la matière pour jaser ! Néanmoins, ces différences s’avèrent tout à fait judicieuses, le film s’imposant au final comme une aventure trépidante où l’on ne s’ennuie pas une seconde, où les premiers contacts sont bien amenés (la rencontre avec Haddock, aussi efficace que jubilatoire), où l’action est épatante et où Tintin reste Tintin, où Haddock est toujours aussi alcoolique et colérique, et où Milou s’impose comme un indispensable compagnon d’enquête. Certes, on peut chicaner sur le final très Indiana Jones avec ces pans entiers de murs qui se détachent sous les effets de l’incroyable poursuite dans la ville de Bagghar, mais force est de constater que Spielberg nous montre là des scènes d’action inventives et trépidantes comme peu de blockbusters en livrent. La forme entièrement numérique ainsi que les techniques de mocap sont parfaitement utilisées pour offrir au film des plans-séquences et autres mouvements de caméra aussi hallucinants que totalement impossibles dans un environnement réel. Alliant de la sorte scènes de bravoure (notons également le très joli générique de début, condensé de toutes les aventures du reporter) tout en faisant exister ses personnages, le papa d’E.T. prouve qu’il est encore et toujours le maître du divertissement grand public. Une seule envie nous éprend dès la sortie de projo : voir les suites des aventures de Tintin, avec cette fois Peter Jackson aux commandes pour une adaptation des albums Les sept boules de cristal et Le temple du Soleil. On a hâte !
Anxieux et bédéphiles, soyez rassurés : Tintin n’a pas perdu de son âme sous la houlette du grand Spielberg, bien au contraire, le réalisateur emmenant ces premières aventures au firmament du divertissement populaire (dans le bon sens du terme). Un divertissement à d’ailleurs savourer, comme le veut l’adage, de 7 à 77 ans.

8/10
 
LE CHAT POTTÉ de Chris Miller - Sorti le 07/12/2011
ImageAprès s’être fait remarquer dès le second Shrek, le chat potté s’offre son propre film, son spin-off à lui tout seul, où l’on découvre ses origines par le biais de premières aventures plutôt trépidantes.
Bien avant de croiser la route de Shrek, le légendaire félin, irrésistible séducteur, connut un périple riche en rebondissements aux côtés de la ravissante et rusée Kitty Pattes de Velours et de Humpty Dumpty, cerveau et comploteur invétéré, au sein d’une opération où il est question de la fameuse Oie aux œufs d’or…
La première chose qui frappe dans ce Chat potté signé Chris Miller (co-réalisateur du troisième Shrek), c’est sa splendeur visuelle. Coloré et minutieusement texturé, le chat en question arbore un poil étincelant (peut-être parce qu’il le vaut bien ?) et évolue dans des cadres aux lumières resplendissantes. Evidemment, les gars de chez Dreamworks commencent à être bien rôdé en la matière, mais comparé à ses concurrents animés de fin d’année (Mission : Noël, nettement inférieur techniquement ou même Happy feet 2 pourtant assez épatant de ce point de vue), il s’impose comme l’un des plus ravissants à contempler. Pas hyper original ni totalement drôle (deux-trois gags sortent du lot, mais il n’y a pas de quoi fouetter…euh…un chat !), Le chat potté trouve néanmoins sa propre voie en évitant de tomber dans la parodie facile où l’humour gras qui commençaient sérieusement à agacer dans les derniers Shrek.
Visuellement splendides, les premières aventures en solo du Chat potté, ni très drôles ni hyper originales, forment néanmoins un divertissement des plus sympathiques qui devrait ravir les plus jeunes, tout en ne laissant pas complétement indifférents les adultes. De quoi ronronner pénard sur son siège.

6/10
 
LE CASSE DE CENTRAL PARK de Brett Ratner - Sorti le 23/11/2011
ImageUn film de casse signé de la main du réalisateur des Rush Hour, ce n’est pas franchement très engageant. Bien heureusement, le casting ici déployé est tout de même attirant, mettant sur le devant de la scène Ben Stiller, Eddie Murphy, Matthew Broderick et Casey Affleck dans une histoire de Robins des bois modernes. Cette fine équipe va en effet tenter de dérober un important butin à un magnat de Wall Street résidant dans le gratte-ciel luxueux où ils sont employés, magnat qui leur a précédemment volé leurs fonds de retraite.
Loin d’être aussi insupportable que les derniers Rush Hour, Le casse de Central Park marque toutefois par son manque flagrant d’ambition. Recyclant les films de braquage avec peu d’originalité, le film peine à offrir de véritable moment de bravoure, étant d’ailleurs plutôt chiche en scènes d’action trépidantes. L’aspect comique du film est lui aussi assez pauvre, exploitant très peu le face à face tant attendu entre Ben Stiller et Eddie Murphy (qui conserve ici toutes ses agaçantes mimiques). En plus, l’intrigue n’est pas à une invraisemblance près, offrant un final bourré de raccourcis et d’ellipses salutaires.
Bref, Le casse de Central Park ne casse pas trois pattes à canard, faisant office d’Ocean’s eleven en plus lourdaud et en beaucoup moins crédible. Dans le genre, on a déjà vu beaucoup mieux par le passé.

4/10
 
TIME OUT de Andrew Niccol - Sorti le 23/11/2011
ImageFilm d’anticipation signé par le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et de Lord of war, Time out nous plonge dans un monde où les humains ont été génétiquement modifiés pour ne plus vieillir dès qu’ils ont atteint l’âge de 25 ans et où le temps a remplacé l’argent. Dans ce contexte, un homme vivant dans le ghetto (Justin Timberlake) va être accusé à tort d’un meurtre et va, dans sa course-poursuite, prendre la fuite avec une otage issue du milieu bourgeois.
Si l’idée de base du métrage est très forte, offrant une intéressante allégorie du capitalisme et de ses effets néfastes, le développement s’avère quant à lui peu passionnant et se résume à une course poursuite plutôt mollassonne. A chaque instant, on sent que le film d’Andrew Niccol n’a pas pu bénéficier d’un budget confortable, et le résultat s’en ressent : très pauvre en scènes d’action, par ailleurs pas toujours réussies (le crash en voiture façon Hot wheels mérite sa place sur le site Nanarland), bourré d’incohérences et de zones d’ombre (quid de l’histoire du père du héros ?), Time out n’est à aucun moment sauvé par son manichéisme ambiant (pas la peine de chercher la moindre ambiguïté) ni par des comédiens livrant leur strict minimum.
Dommage, le pitch et les 30 premières minutes du film auguraient du bon, mais au final Time out est loin d’être franchement inoubliable, s’avérant même déjà daté (un comble pour un film d’anticipation !). S’il était sorti il y a 15 ou 20 ans, il aurait peut-être fait son petit effet, mais aujourd’hui, il fait quand même un petit peu peine à voir.

5/10
 
DRIVE de Nicolas Winding Refn Sorti le 02/11/2011
ImageEn signant cette commande pour les States (en réalité une adaptation d’un roman de James Sallis initialement prévue pour Neil Marshall avec Hugh Jackman devant la caméra !), Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher, Bronson, Valhalla rising) transcende un matériau de base on ne peut plus simple en un revenge movie motorisé inoubliable.
Un cascadeur travaillant le jour à Hollywood et dont l’anonymat ainsi que l’allure tranquille cachent en réalité une activité illégale de pilote pour le compte de la mafia, mène sa propre vendetta à la suite d’un casse qui tourne mal afin de protéger une femme pour laquelle il s’est entiché.
Voilà le pitch ultra simple de ce Drive composé de braquages nocturnes, de grosses bagnoles qui en jettent, de tronches inoubliables (les excellents Ron Perlman, Bryan « Breaking Bad » Cranston ou encore Albert Brooks forment des seconds couteaux premium) et d’éclats de violence stupéfiants, le tout dans une atmosphère urbaine moite et délétère. La recette est plutôt connue, et elle évoque inexorablement les récents films de Michael Mann (la superbe photographie nocturne signée Newton Thomas Sigel n’y est pas pour rien), le Taxi Driver de Scorsese, les « vigilante movies » chers à Charles Bronson ou même encore le slasher surréaliste (voir l’inquiétante scène d’exécution masquée). Des références heureusement parfaitement digérées par Nicolas Winding Refn qui transcende littéralement le(s) genre(s) grâce à son style et son savoir-faire unique. De par sa mise en scène enlevée et inspirée, Drive possède donc une classe folle, accentuée par la présence du magnétique Ryan Gosling (Blue Valentine, Crazy stupid love) qui s’imposerait presque d’emblée comme une nouvelle icône du genre. Presque entièrement mutique, notre (anti)héros imprime la pellicule de Refn par une attitude et un jeu terriblement jouissif, transformant presque chacun de ses gestes en moment de bravoure. Tout le talent du réalisateur de Valhalla rising réside d’ailleurs dans cette déconcertante facilité de prendre son temps pour rendre unique la plus petite scène intimiste avant de nous balancer une série d’uppercuts mortellement bien placés, traduits à l’écran par des éclats de violence démesurés (mais néanmoins essentiels, n’en déplaisent aux petites natures). Entre les massacres sauvages et les brèves courses poursuite (ceux qui s’attendent à du Fast & Furious peuvent aller voir ailleurs !), le cinéaste ose donc la romance retenue, parsemant son film d’instants poétiques (le baiser dans l’ascenseur) et jouant du drame pour fournir un produit final qui va bien au-delà de la simple série B.

9/10

 
THE THING de Matthijs van Heijningen Jr Sorti le 02/11/2011
ImageThe Thing version 2011 se veut être la préquelle (ou le prélude, si vous préférez) au chef d’œuvre de John Carpenter, La chose (1982) et qui était lui-même un remake d’un film des années ’50, La chose d’un autre monde. Vous suivez ?
Une paléontologue part en Antarctique rejoindre une équipe de scientifiques qui ont découvert un vaisseau ainsi qu’une créature extraterrestre emprisonnés dans la glace. Suite à un prélèvement organique, la créature, qui peut copier à la perfection tout organisme vivant, va se réveiller et semer une jolie pagaille.
Si le film s’achève là où le film de Carpenter commence, il est en réalité plutôt une préquelle déguisée en remake du chef d’œuvre de 1982 qu’un véritable prélude. Et s’il y a bien un remake que l’on savait par avance incapable de surpasser son modèle, c’est bien celui-ci ! D’autant que The Thing 2011 présente une structure narrative quasiment identique et pille la plupart de ses idées au film de Carpenter, le savoir-faire et la maîtrise en moins, évidemment. Même si le réalisateur Matthijs van Heijningen Jr. (inconnu au bataillon) parvient plus ou moins efficacement à installer une ambiance et même à faire monter la tension au détour de certaines séquences, l’ensemble reste très prévisible (surtout pour ceux qui connaissent l’original sur le bout des doigts), bourré de raccourcis (particulièrement lors du final, un peu bordélique) et le jeu de massacre s’enchaîne bien trop mécaniquement, laissant presque tomber toute trace de paranoïa, sans que l’on ne ressente une quelconque empathie pour les personnages. D’ailleurs, on constate également que l’héroïne jouée par Mary Elizabeth Winstead, qui est loin d’être mauvaise, manque toutefois de prestance dans ce rôle qui demandait des épaules un peu plus solides. Pour le reste, les effets visuels sont dans l’ensemble très convaincants et même plutôt saisissants, faisant assez bien écho aux maquillages démentiels de Rob Bottin.
Hésitant entre la préquelle et le remake, The Thing 2011 n’apporte véritablement rien de neuf aux précédentes versions. En soi, il ne s’agit pourtant pas d’un mauvais film, ce serait même plutôt un bon petit film d’horreur « à l’ancienne », si l’ombre du film de Carpenter n’était pas aussi présente (et pesante). Un film symptomatique de son époque par son manque de créativité, donc, et qui ne donne qu’une seule envie : revoir le chef d’œuvre de Big John.

6/10
 
THE ARTIST de Michel Hazanavicius - Sorti le 12/10/2011
ImageAprès avoir pastiché les films d’espionnage à la sauce James Bond avec les très sympathiques OSS 117, le réalisateur Michel Hazanavicius et le comédien Jean Dujardin rendent cette fois hommage, beaucoup plus sérieusement, à l’âge d’or du cinéma muet Hollywoodien.
Hollywood 1927. Les destins croisés et l’histoire d’amour d’une vedette du cinéma muet, George Valentin, qui va tout d’un coup sombrer dans l’oubli avec l'arrivée des films parlants, et d’une jeune comédienne qui elle, par contre, va être propulsée en haut de l’affiche.
Tout a été rassemblé pour coller à l’esthétique des grands films de l’époque du muet : noir & blanc resplendissant, absence totale de dialogue, format 4/3, et des acteurs qui misent tout sur l’expression corporelle, ce qui a d’ailleurs valu à Jean Dujardin un Prix d’interprétation à Cannes pour sa prestation. Mais s’il est plutôt osé de voir ce type de film débarquer sur nos écrans à l’heure où la pellicule disparaît peu à peu de nos cinémas et si le défi technique est une réelle réussite qui ravira les cinéphiles, on déplore toutefois que le film ne raconte au final pas grand-chose, ou en tout cas rien de bien original. Prenant son sujet au sérieux, le réalisateur ne plonge pas cette fois dans la parodie et nous livre un mélodrame (trop) classique, en oubliant toutefois d’être véritablement émouvant. Ni drôle ni touchant, The Artist ne vaut au final que pour sa technique et le joli défi, relevé haut la main, par son très joli casting (Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell ou encore Penelope Ann Miller gravitent autour de Jean Dujardin). Et même son regard sur le cinéma d’hier et d’aujourd’hui (et son évolution) s’avère bien trop léger pour en faire une œuvre inoubliable. Dommage, mais le film reste toutefois un beau petit moment de cinéma pour les amoureux du 7ème Art passé et présent.

6/10
 
POLISSE de Maïwenn - Sorti le 19/10/2011
ImageLe troisième long métrage de Maïwenn (Pardonnez-moi, Le bal des actrices) nous plonge dans le quotidien très peu reluisant des policiers de la BPM (Brigade de protection des Mineurs), composé d’arrestations de pickpockets, d’interrogatoires de parents maltraitant leurs enfants, de gardes à vue de pédophiles présumés, etc. etc. En parallèle, le film nous montre comment ces policiers parviennent (ou dans la plupart des cas ne parviennent pas) à allier ce métier extrêmement dur avec leur vie privée.
Polisse est un film très riche, riche tout d’abord par ses personnages endossés par un casting en très grande forme où Marina Foïs, Karin Viard, Frédéric Pierrot, Nicolas Duvauchelle et même Joey Starr incarnent très justement des personnages aux multiples fêlures. Riche, l’œuvre de Maïwenn l’est également sur le plan de l’émotion. On y passe d’un sentiment à l’autre : souvent émouvant et interpellant, parfois dérangeant, on se surprend même à rire lors de quelques pétages de plomb cocasses vécus par les personnages. On sent que la réalisatrice s’est beaucoup impliquée dans cette histoire (son stage passé à la BPM pour se documenter a manifestement porté ses fruits) et il y a une grande véracité qui émane de ce long métrage qui, de plus, est très énergique.
Hélas, il y a une ombre au tableau, et cette ombre c’est Maïwenn elle-même ! L’actrice/réalisatrice n’a pas pu s’empêcher de se mettre une fois de plus en scène dans la peau d’une journaliste qui vit une pseudo-romance avec le personnage interprété par Joey Starr, idylle quelque peu calquée sur sa vie privée avec le rappeur. Ce côté égocentrique présent dans tous ses films peut agacer (d’autant qu’elle n’est pas une très bonne actrice) et n’apporte ici strictement rien au film qui se serait bien passé de ces passages franchement naïfs.

7/10

 
LES GÉANTS de Bouli Lanners - Sortie le 12/10/2011
ImageTroisième long métrage de Bouli Lanners après Ultranova et Eldorado, Les géants s’attarde sur les mésaventures en pleine de campagne de deux frères qui vont se retrouver seuls et sans argent et qui, au contact d’un autre garçon du coin, vont faire un paquet de conneries (le terme étant ici parfaitement approprié).
Cette comédie prend racine à partir d’un contexte social relativement dramatique, rendant le tout à la fois drôle et grave. Mais Bouli Lanners n’est pas du style à faire dans le cinéma social lourd et prétentieux, et il transforme ainsi son long métrage en un conte métaphorique où l'on peut détecter une certaine critique envers les parents démissionnaires. Le cinéaste aime travailler la forme de ses films, avec un goût particulier pour les environnements et décors naturels (le film a été tourné dans les Ardennes et au Luxembourg) qu’il magnifie une fois de plus avec panache. Visuellement splendide, le film trouve une homogénéité parfaite entre les images, la bande-son (très avenante musique signée par les Bony King of Nowhere) et le montage. Et si malgré la gravité de la situation, le film reste réjouissant de bout en bout, c’est bien sûr grâce au talent de notre Bouli national mais aussi grâce au très bon casting d’adolescents qui forment un trio irrésistible, et même sensiblement touchant.
Au final, même si certains regretteront un certain manque de profondeur et des personnages un peu trop lisse, Les géants est un très beau conte champêtre qui vous rappellera peut-être les bêtises que vous avez faite à cet âge peut-être pas si ingrat qu’est l’adolescence.

7/10
 
LA FÉE de et avec Dominique Abel, Fiona Gordon & Bruno Romy - Sorti le 28/09/2011
ImageLe binôme Abel et Gordon vient du milieu du spectacle (plus particulièrement de la danse) et depuis que le duo s’est associé au cinéaste Bruno Romy, trois films ont vus le jour : L’iceberg, Rumba, et aujourd’hui La fée.
Ce dernier est totalement dans la lignée de leurs précédentes œuvres, et présente l’histoire d’un veilleur de nuit qui va voir débouler une femme qui prétend être une fée et qui va lui accorder trois vœux. Est-elle vraiment une fée ou est-elle complétement tarée ? Peut-être un peu des deux, et il va s’ensuivre une série de péripéties loufoques sur fond d’histoire d’amour, puisque notre veilleur de nuit est tombé amoureux de cette bien étrange personne…
Une fois de plus, ces joyeux trublions s’inspirent du cinéma burlesque et muet de la grande époque des Jacques Tati et Buster Keaton. L’ensemble est loufoque, poétique, très chorégraphié, l’action se déroulant d’ailleurs souvent dans de longs plans fixes. Ces artistes maîtrisent le comique de situation et l’absurde, n’hésitant pas à plonger franchement dans le kitsch assumé. Mais si la première partie du film est très efficace en rythme, ne présentant quasiment aucun temps mort, la dernière partie se traîne hélas un peu plus et s’avère moins enthousiasmante.
Néanmoins, malgré ces défauts et une certaine répétitivité, La fée est un petit vent de fraîcheur dans le paysage du cinéma francophone, qui devrait ravir les amateurs de cinéma burlesque ainsi que les curieux.

6/10

 
Le blog de Samuël
Retrouvez, sans gêne et sans censure, ces critiques et bien d’autres sur le blog perso de Samuël : http://thegreatmoviepictureshow.over-blog.com/
 
(Avertissement : certaines idées et images contenues sur cet espace privé peuvent heurter les âmes sensibles)
 
Image

Nous contacter
25 ans de TéléMB
Concours
Télé Locales
Liens
Image