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Surpopulation à la prison de Mons : la sonnette d'alarme est tirée

Publié le 26 octobre 2021 à 15:31

Une fois de plus, la prison de Mons est sous les feux de l'actualité. La surpopulation carcérale et la vétusté des bâtiments sont des problèmes récurrents qui n'ont toujours pas trouvé de solution. Agents pénitentiaires, via les délégations syndicales, et direction se serrent les coudes pour lancer un appel à l'aide aux différents pouvoirs publics d('autant qu'un changement législatif devrait encore accroître le nombre de détenus. Explications.

 

Ils sont tous dans le même bateau et ce bateau c'est la prison de Mons. Une prison vétuste où on ne compte plus les problèmes d'humidité, de punaises dans les lits et surtout de surpopulation, avec des conséquences multiples.

« Le problème majeur c'est la population. Nous sommes à 353 détenus. On a dû mettre le premier matelas par terre ce matin. 353 hommes pour 274 places ça ne va pas », s'exclame le directeur de la prison Vincent Spronck. « Deux détenus dans une cellule, ce n'est pas deux fois plus de problème, c'est des problèmes au carré. Trois détenus, ce sont des problèmes au cube. C'est exponentiel les emmerdes que l'on a avec la surpopulation » renchérit-il.

« La problématique des agressions va monter en flèche et ce sont les agents qui vont trinquer », ajoute Michel Strady, Délégué SLFP.

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Le constat est là, une fois de plus. Et si vous y ajoutez les cellules indisponibles pour rénovation, les prisonniers qu'il faut isoler à leur arrivée en raison des mesures sanitaires ainsi que ceux qui souffrent de problèmes psychiatriques et qui faute de place sont mêlés aux autres, vous comprenez la gravité de la situation. Avec des conséquences sur les conditions de vie et de travail de chacun.

« Les détenus subissent en premier cette promiscuité indigne. Il faut voir ce que c'est de vivre dans 9 mètres carré. Le savoir est une chose,le voir c'est autre chose », explique Vincent Spronck.

« Gérer un détenu annexé, c'est quelqu'un qui demande beaucoup plus d'attention et on ne sait pas y répondre » souligne Eric Domaniecki, délégué CGSP

« Le nombre de détenus augmente, la surcharge de travail augmente tant pour les agents que pour les administratifs. On a plus les bras pour ça ! On nous a promis 7 Rosetta mais quand arriveront-ils ? » insiste Christophe Wachel, délégué CSC.

Jusqu'à présent, la solidarité permet à la prison de fonctionner mais jusqu'à quand. Le directeur table sur plusieurs pistes de solution et les délégations syndicales le soutiennent.

« On est à un pic. Des transferts vont être organisés. On est en contact avec le bourgmestre pour voir ce qu'il peut faire aussi. Tout le monde est au courant » explique Vincent Spronck.

« Pour le moment nous sommes dans la discussion. Nous avons vu que le directeur essayait de trouver des solutions. Nous espérons que d'ici quelques jours la population va diminuer et que les cadres seront remplis », ajoute Eric Domaniecki.

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Autant de revendications qui tous espèrent seront cette fois entendues. D'autant qu'un changement législatif risque d'aggraver la situation à la mi-janvier. A partir de cette date en effet, les condamnés à des peines de trois ans ou moins devront pleinement effectuer leurs peines.

« Quand je vois la situation à Mons aujourd'hui, je ne sais pas comment on va faire le 15 janvier quand la loi entrera pleinement en vigueur », conclut le Directeur de la prison de Mons.

Du côté du cabinet du Bourgmestre de Mons, Nicolas Martin, on nous confirme que des contacts sont bien en cours. Eric Thiébaut, Député fédéral va pour sa part réinterpeller le ministre de la Justice sur la situation montoise et les solutions à apporter. Avec Nicolas Martin, il va réclamer une fois de plus des engagements clairs du fédéral sur la décision de construire une nouvelle prison en périphérie de Mons.

 

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