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Mons - Un squelette à la rampe!

Publié le 10 septembre 2021 à 16:41

Si vous habitez Mons, vous le savez, d'importants travaux sont en cours dans les rues autour de la collégiale Sainte-Waudru. Cela concerne donc aussi la célèbre Rampe. Et cette semaine, durant ces travaux, des premiers ossements ont été découverts. Rien d'étonnant puisqu'auparavant, les cimetières étaient systématiquement implantés autour des églises. Mais...

Les travaux de la rampe Sainte Waudru vont bon train. Le pavage du bas de la rue a débuté et dans le haut le décaissement avance. C'est cette zone qui intéresse particulièrement les archéologues qui assurent un suivi systématique du chantier.

«  Nous assurons un suivi des travaux de réfection de la Rampe Ste Waudru ; L'entreprise est en charge de la mise en oeuvre d'un nouvel égouttage et d'une nouvelle voirie. Les archéologues de l'AWAP (Agence wallonne du patrimoine) suivent la progression des travaux pour voir si la création du fond de coffre ne rencontre pas des vestiges archéologiques », souligne Marceline Denis, archéologue à l'Awap.

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Et sans grande surprise puisque l'on est dans un quartier qui très tôt a abrité plusieurs églises, les traces d'une première sépulture sont apparues, une sépulture particulière .

« Le contenant est très étroit, il y a une encoche céphalique donc un emplacement pour la tête. A priori on a pas de contenant rigide mais plutôt une enveloppe souple de type linceul » explique Caroline Laforêt, archéo-anthropologue à l'Institut royal des sciences naturelles.

 "Ici on est sur une sépulture médiévale antérieure au XIIIé siècle vu que cette pratique de l'encoche céphalique disparaît au 13è siècle. On aura probablement d'autres vestiges médiévaux qui vont apparaître au cours des travaux après », poursuit Marceline Denis.

En attendant, le squelette est patiemment dégagé pour pouvoir recueillir un maximum d'informations sur ses caractéristiques.

« Le but va être de documenter un maximum de sépultures pour savoir qui était inhumé ici au Moyen-âge, de prélever les ossements pour avoir des indices biologiques des individus, leurs caractéristiques : âge et sexe pour avoir une idée de la population. Nous allons aussi documenter leur état sanitaire : la santé bucco-dentaire, les traumatismes, les signes de dégénérescence te les marqueurs d'activités » détaille Caroline Laforêt.

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Autant d'éléments pour pouvoir déterminer qui était enterré à deux pas de la collégiale, qui rappelons-le n'existait pas au 13è siècle.

« C'est a priori quelqu'un qui vit dans la sphère du chapitre. Ce cimetière était réservé aux personnes proches du chapitre et de ses activités » enchaîne Marceline Denis.

Le suivi archéologique de ces travaux est essentiel pour parfaire la connaissance de ces lieux chargés d'histoire, même si des fouilles assez anciennes avaient déjà eu lieu.

« Ici c'est vraiment l'occasion de venir vérifier les informations à la source, de les traiter point par point et de faire une compilation de toutes les données et de repositionner toutes les choses avec l'histoire, avec les cartes anciennes et les données archéologiques pour faire le point sur l'environnement du chapitre de Sainte Waudru, de la position de l'église St Pierre, de l'environnement de celle de Saint Germain » souligne Marceline Denis.

Le temps est donc venu de faire le point sur ce quartier montois, assez mal connu sur le plan archéologique. A noter que les fouilles ne devraient pas retarder la fin du chantier, toujours prévue pour fin 2021.

 

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